La mitad del Mundo
Comment commencer un article sur L'Équateur autrement qu'en l'illustrant avec le Cotopaxi ? Je vous jure, c'est pas le Fuji ce beau bébé !
Ah, je crois que je dois vous prévenir tout de suite. On va encore causer de paysages somptueux, de montagnes, de volcans, de gens extraordinairement gentils et généreux, d'effort physique, de pluie, de trek et bien sûr de vélo !
Pour avoir le droit à un peu de désert, de culture Inca, de tourisme en bon et du forme et même de gens (un peu) moins sympa, il vous faudra attendre l'article sur le Pérou.
Pour avoir le droit à un peu de désert, de culture Inca, de tourisme en bon et du forme et même de gens (un peu) moins sympa, il vous faudra attendre l'article sur le Pérou.
Bon quand même ici je vous emmène sur mars, ca claque non ?! Tsss je vous entends bande de sceptique, vous verrai bien.
Projeté en "précipitation" en Équateur, suite à un passage de frontière sans anicroche, on est accueilli, par un panneau montrant la carte de tous les centres, refuges et cantines du pays destiné au migrants et aux personnes en difficulté.
L'air de rien, ça vous place déjà la mentalité du pays, mais à ce moment là, on ne fait que le deviner.
Pas un copec en poche, ni même un dollars américain surtout, puisque c'est la monnaie du pays, on s'éloigne aussi vite que possible de la frontière et on demande à poser notre tente en périphérie d'un village. Pas de problème qu'on nous dit, puis on nous propose de l'eau, puis de dormir plus au chaud sur la terrasse et ainsi de suite.
Nos premières tête de Lincoln en poche on enchaine les reliefs Équatoriens, vert et vallonné au nord. En fin de cette deuxième journée au milieu du monde on finit par demander à poser notre tente dans un champ.
Mauricio, il nous jauge un p'tit moment de son air de roc imperturbable, puis enfin il nous tend la clef.
De la baraque. Bha ouais, a y être pourquoi nous laisser dormir dans les champs ?
C'est un sacré personnage ce Mauricio, il est passionné par sa terre qu'il respecte autant que possible et il bouillonne de questions sur le monde. Mais on veut pas abuser, alors malgré ses (nombreuses) propositions de rester à volonté dans sa Casa des champs avec eau et électricité, on taille notre route.
Après une traversé un peu Narcissique de San Gabriel, on décide de voir si l'Equateur nous tend le même piège que la Colombie, un univers de barbelé et de propriété privé, rendant le camping sauvage si difficile (malgré l'hospitalité des Colombiens offrant en contrepartie un dodo chez l'habitant si facile...)
C'est un sacré personnage ce Mauricio, il est passionné par sa terre qu'il respecte autant que possible et il bouillonne de questions sur le monde. Mais on veut pas abuser, alors malgré ses (nombreuses) propositions de rester à volonté dans sa Casa des champs avec eau et électricité, on taille notre route.
Après une traversé un peu Narcissique de San Gabriel, on décide de voir si l'Equateur nous tend le même piège que la Colombie, un univers de barbelé et de propriété privé, rendant le camping sauvage si difficile (malgré l'hospitalité des Colombiens offrant en contrepartie un dodo chez l'habitant si facile...)
Non ! L'amour si intangible de leur voisins pour clôturer la nature n'a pas encore contaminé ce p'tit bout de pays, et voila qu'on peut profiter du sauvage en toute sérénité pour poser notre tente. Et quel nature... Des rios magnifique, des canyons au proportions rallongé, des montagnes arides ou verdoyante et... Des cactus !
Mais alors qu'on mate les (innombrables) graf Équatoriens, v'la que ma roue libre explose juste avant qu'on arrive à Ibarra.
Catastrophe. Drame. Kapout la roue libre.
Et bien sur, en pleine semaine sainte, impossible d'en trouver une nouvelle.
Par contre, on trouve un Monsieur Chavez. On devrait toujours avoir un monsieur Chavez avec soit.
Le maestro des vélos il me démonte la roue libre et trouve direct le problème et hop en deux temps trois mouvement, il me remonte le tout et sa marche !
En prime, alors que la nuit tombe et que le magasin devait fermer, on lui demande si il a pas une solution pour nos plateaux qu'on cherche désespérément à changer depuis trois mois, après avoir fait plus d'une centaine de magasins en vain pour les trouver.
Il nous confirme qu'on trouvera pas nos plateaux en Équateur, alors il les démonte et voila t'y pas qu'il sort un dremel et nous les fraise à la main ? ? ?
Dent par dent il re-fabrique le tout et... Ca repart !
Du génie à la Cubaine je vous dis, et après trois mois d'utilisation ca tient encore, ce qui va nous permettre d'attendre l'arrivé de papa noel et maman noel Régine et Philippe (les parents de Fa) au Pérou les bras chargé d'une valise entière de pièces de rechange pour nous.
Bien sur Monsieur Chavez il refuse qu'on le paye et on doit insister pour arriver à rémunérer, à peine à sa juste valeur, son travail.
Mais c'est normal d'aider les gens dans le besoin qu'il arrête pas de nous dire...
Semaine sainte oblige on trouve toujours pas notre paille filtrante, ce qui par contre commence à devenir problématique dans un pays où l'eau est relativement chère. D'ailleurs, tout y est relativement couteux pour nous, dollar oblige les tarifs sont souvent arrondis "au dessus" et on est obligé de faire assez attention pour garder le budget dans le vert.
Un peu en galère on descend à Otavalo dans la recherche désespéré d'un camping qui ... N'existe plus. Errant à la recherche d'un spot quelconque pour passer la nuit voila qu'on tombe sur ... Markus.
Markus il nous voit avec nos vélos dans une montée improbable et le sourire en coin nous demande d'où on vient. "De france ? Mais qu'est-ce que vous faite là mes amis ?" nous dit-il dans un Français parfait ! (D'autant plus en comparaison de notre espagnol pour le moins aléatoire)
Après quelque éclat de rire, il nous explique qu'on est en train... D'allez chez lui ! Dans son hotel en fait, l'Intiyaya. Passionné de vélos et ayant vécu sept ans en france il nous invite à partager un peu de temps ensemble. Son hotel est un véritable bijou, fait à la main avec quelques copains et des techniques ancestrale Quechua, on prend un plaisir immense à visiter le domaine. Puis il nous propose de camper directement chez lui, trop heureux de pouvoir nous aider.
Au petit matin, malgré le monde présent et tout le travail pour gérer son établissement il arrive à prendre le temps de déjeuner avec nous et nous raconte son histoire.
En 1982, le président de l'alliance française de Quito lui propose un deal. Un an d'enseignement contre une exposition des tissus Quechua de Otavalo. Le père de Markus étant justement un artisan expérimenté de ses fameux textiles, l'exposition à lieu et Markus obtient ainsi l'enseignement autrement inaccessible. De rencontre et d'aventure en ricochet il passera sept ans en France à étudier et travailler... Dans l'hôtellerie et la restauration ! Un passage bien rentabilisé non ?
Sentant la croisée des chemins entre une vie "facile" en Europe et un retour au source dans son village d'origine, l'histoire vous dit quel choix il a fait !
Avant de se séparer, Markus nous donne nos premiers aperçu de la culture Quechua, de son histoire, ses valeurs et ses traditions. Une rencontre incroyable et on prend alors la direction de la lagune de Cuicocha sur ses conseils.
Après la plus difficile de tous les montées du voyage (mille deux cents mètres de dénivelé positif en quelques huits kilomètres) on arrive éreinté devant la jolie Lagune. Toutefois, le parc ferme complètement la nuit et le tour est complètement aménagé, gachant l'expérience au gré des petits bateaux rempli de touristes qui parcourent à toute vitesse la lagune et ses iles sacré avant de foncer récupérer les prochains clients.
Un peu vexé par l'attitude du garde à l'entrée qui joue les complexes d'autorité, on se trouve quand même un champ non clôturé pour planter la tente pas trop loin.
Malgré leur discrétion on préfère se passer de la compagnie des scorpions qui aime à dormir sous notre tente au petit matin et on prend doucement la route de Mindo, sur les conseils de nos amis et par la suite de Quito, deuxième plus haute capitale du monde.
Mais les plans, c'est fait pour changer non ?
En tout cas, d'après ma roue libre qui contrairement à nos plateaux modifié par Mr Chavez ne tiendra pas le coup.
En tout cas, d'après ma roue libre qui contrairement à nos plateaux modifié par Mr Chavez ne tiendra pas le coup.
RIP ma chère roue libre, tu a été brave. Mais un peu emmerdante quand même. Après 4 heures d'opérations chirurgicales, 1 kilo de graisse sur les doigts, 8 démontage/remontage, 19 tentatives de soin raté, 167 jurons non répétable, j'abdique.
Roue libre ayant définitivement passé l'arme à gauche, on dort derrière un restaurant (non sans que les propriétaires ne nous propose douze fois de dormir sur le toit pour qu'on ai plus chaud) et on prend un bus pour Quito le lendemain. Tant pis pour Mindo et la mitad del Mundo, on trace les 80 bornes à toutes vitesses et on se retrouve en deux temps trois mouvement à Quito pour quelques dollars. (Le bus ici ca coûte walou, nada, quedal)
A ce stade de l'histoire vous l'avez compris, les Équatoriens ils sont pas juste sympa, ils sont en or.
On débarque à Quito à la recherche de la fameuse roue libre et toujours de notre paille filtrante. Le hasard de nos pérégrinations nous emmene dans une toute petite échoppe à la rencontre de Fredy et son mécano.
La pièce elle est dur à trouver pour nos vélos, alors ni une ni deux il appel le responsable de Shimano Équateur et lui demande de nous livrer en personne la seule et unique pièce dispo dans le pays pour le lendemain. Pas de soucis qu'il nous dit le gadjo... Alors je laisse mon vélo dans la boutique et Fredy il me prête sont biclou perso pour pas qu'on soit emmerdé pour chercher un hotel tout ça tout ca.
Vous commencer à bien saisir la mentalité la non ? Bha c'est même pas tout, quand on revient chercher le vélo fraichement remonté Fredy il nous tend... Une paille filtrante.
Impossible de la trouver à Quito en magasin alors il l'a acheté pour nous sur un site de particulier le soir, et nous la file directement. En OR MASSIF 18 CARATS je vous dit les Équatoriens. Bon trève de compliments, on joue un peu les touristes quand même dans Quito la calme.
-> D'ailleurs, la très très très calme. Pas de resto ouvert le soir, pas de bars qui crache leur musique toute la nuit, les hôtels sont si calme que quand on y papote entre voyageurs dans le couloir on se fait gentiment prié de retourner dans nos chambres... Une claque après la colombie si festive ou la moindre rencontre devait se finir en soirée alcoolisé, musique à fond.
Mais quel bonheur de pouvoir dormir sans se fourrer quatre paires de boules Quies dans les oreilles.
Mais quel bonheur de pouvoir dormir sans se fourrer quatre paires de boules Quies dans les oreilles.
On y trouve quelques perles rare d'architecture espagnoles, même si on note un talent certain pour l'ostentatoire du côté de nos fervents amis catholiques.
Faut aimer les vielles pierres et les colonnades, mais nous on kif bien les vieux édifices justement alors c'est parfait !
Bon la moindre visite impose son quota religieux également, mais le patrimoine vaut largement l'obsession déifique locale.
Cliché mais efficace.
Au p'tit matin du deuxième jours alors qu'on cherche à faire réparer notre tente qui à bien souffert dans le désert, on se boit un lait de chèvre frais. Mais genre vraiment frais, en plein Quito des bergères promènent des biquettes dans la rue et vous la traie en direct au gobelet.
Pour prendre le TéléferiQo.
Un ... Téléphérique qui vous pose en altitude sur la montagne voisine pile poil au départ d'une rando de dix kilomètre qui vous monte à 4600 mètres d'altitude quand même ! Ca tombe bien, en prévision de notre premier 5000 qu'on attend si impatiemment, on cherche justement à s'acclimater autant que possible.
Dans une ambiance mystique et brumeuse (et bien sur un peu pluvieuse) on suit le sentier, seul au monde, les Quiténiens s'arrêtant là où le téléphérique va.
Si les photos sont vaguement gâché par le climat on profite quand même de l'ambiance et des passages "à pic" offert par la rando.
Dans une ambiance mystique et brumeuse (et bien sur un peu pluvieuse) on suit le sentier, seul au monde, les Quiténiens s'arrêtant là où le téléphérique va.
Si les photos sont vaguement gâché par le climat on profite quand même de l'ambiance et des passages "à pic" offert par la rando.
On devra toutefois abdiquer à 400 mètres du sommet pour cause de chute de neige importante dans la nuit, rendant dangereuse la partie finale sans crampons ni batons de rando que l'on a si stupidement oublié sur les vélos.
Mais hé, 4530 m d'alti c'est déjà pas si mal ! Puis vu l'ivresse des sommets qui nous égayent déjà, on se dit que c'est pas une si mauvaise idée que ça un peu de rando d'entrainement avant d'essayer de grimper le Cotopaxi.
Malgré le dénivelé on parvient à l'apercevoir, enfin, caché derrière sa corolle de nuage il est la ! Qui ? Mais le Cotopaxi bien sur ! Le plus emblématique des volcans d'amérique du sud, ou d'Équateur en tout cas !
Après une première nuit dans une forêt d'Eucalyptus on suit la piste qui mène directement à 3800 mètres d'alti dans le camping du parc.
Notre plus haute altitude en biclou, faut dire que ca grimpe sec quand même.
Sur place, à peine à quelques kilomètres du monstre, on ne le voit pas ! Déception, il se couvre de nuage jouant les timides. Bien décidé de pouvoir ce rincer les mirettes sur son profil à tout prix, on achète du bois pour lutter contre le froid nocturne, on pose la tente et les sièges et on décide d'attendre autant de jours qu'il le faudra ! Faut pas croire, parfois on est patient.
Et dès le premier matin, le voilà Le Cotopax'! il nous gratifie de quelque minute à découvert. Quelques instant d'orgasme visuel, d'excitation à son comble - toujours visuel hein - Une brève apparition aussi belle qu'éphémère.
Satisfait on part arpenter en vélo la lagune qui ce dresse à quelques kilomètres au dessus du camping.
On y fait quelques belles rencontre sylvestre. Malgré l'altitude les fleurs y sont nombreuses et Fanny joue les paparazzis en mal de cliché.
Non, non ce n'est pas le mont Fuji, non nous n'avons pas dérivé au Japon. Ce monstre de beauté, cône parfait qui pourrait avoir été réalisé par un enfant quand on lui demande de dessiner un volcan existe bel et bien au pays du milieu du monde. (Si si techniquement l'Equateur c'est le milieu quand même, d'ou l'auto-appelation si prisé par les Equatoriens de "Mitad del Mundo".
Par chance à peine une journée de route de là, se trouve les Illinizas, deux jumelles réputées pour la facilité d'ascension de leur face nord au dessus de 5000 également. Un petit trek "tranquille", avec des bains thermaux sur la route ! On déniche le seul et unique camping de la zone pour passer la nuit de préparatif et surtout, y confier nos précieux vélos pendant le trek.
Sac sur le dos, batons à la mains, vélos attachés ... Alor qu'on prend le départ, le proprio du camping devient bizarre. Puis refuse de nous rendre la monnaie pour la nuit. Puis essaye de nous extorquer de l'argent. Puis devient totalement flippant et s'intéresse de très, trop près au contenu de nos vélos et à l'emplacement de notre matos dans les valises.
Après quelques centaines de mètre de marche, le mauvais feeling grandit, on se regarde. Impossible de confier les vélos à ce psychopathe, on rentre à toute berzingue au camping. Le proprio nous apercevant partira se cacher en courant derrière l'une de ses vaches et ne bougera plus de là. La conscience tranquille le gars hein ? On reprend les vélos et la queue entre les pattes et on part avec les sacs encore sur le dos. On fuit littéralement la zone et on rempack le tout un peu plus loin, frustré et déçu, voilà que pour la deuxième fois notre trek à 5000 nous échappe.
Mais comme bien sur les emmerdes se doivent de s'enchainer, il pleut toute la journée (classique hélas puisque nous aurons au total... 4 jours de beau temps en Equateur sur deux mois !), je crève, on s'aperçoit que le mécano de Quito à oublié de remonter mon fond de jante, j'ai donc 36 trous impossible à réparer, un pompiste refuse de nous servir de l'essence pour le réchaud et... Je me fais mordre par un abruti de chien alors que j'étais en train de demander de l'eau à une mama.
On passe la nuit dans une maison abandonné et on prend la route de la Lagune de Quilotoa, histoire d'oublier les emmerdes de la veille.
Comme toujours en voyage, après la journée la plus nulle vient... La journée la plus ouf !
On sort à peine de notre spot sauvage, pret à affronter la deuxième plus grande montée du voyage, une côte de quinze kilomètres totalement hors normes, que Marcelino il arrête son camion pour nous proposer de monter avec lui.
On refuse, il fait 100 mètres, il recule et il nous dit "non c'est pas possible, je peux pas vous laisser en baver comme ça, je vous embarque !"
Voila qu'on charge les vélos dans son camion rempli de terre, un dans la benne un derrière la cabine, le tout accroché avec un bout de ficelle. Marcelino il nous réchauffe le coeur, il rayonne de bonheur. Il est trop heureux de nous aider, il nous parle de l'Equateur de son boulot et surtout il nous sort d'une côte de l'enfer, sans même qu'on ai mis un coup de pédale de la journée !
Il nous pose à quelques kilomètres de son chantier histoire quand même que le patron voit pas le camion avec deux vélos dans la benne et on se sépare le sourire aux lèvres.
On reprend la route dans un décors de rêves et on affronte malgré tout un dénivelé restant de dingue, dont heureusement Marcelino nous a évité le plus dur dans son camion orange.
En dehors des centaines de chiens errants qui squatte la route et nous attaque avec rage tous les kilomètres ont rencontre quelques Lama sur la route dans un décors déjà somptueux.
On goute enfin notre premier "cuy", comprendre cochons d'inde, le plat traditionnel du pays depuis toujours.
Réussissant à ne pas vomir notre repas (J'ai pas besoin de vous dire si on à bien aimé le cochon d'inde ?)
On sauve un mouton sur la route, coincé dans sa longe en bord de falaise et on arrive enfin a la lagune après avoir franchit notre plus haut "col" en vélo à 4000m d'altitude !
Non content d'avoir un paysage pareil pour s'extasier on trouve un spot de camping sur la falaise qui donne directement sur le cratère !
Le premier soir, nous offre un coucher de soleil complètement dingue, au dessus d'une mer de nuage, faut dire qu'on culmine à quelque 3900 de hauteur, les nuages sont en contrebas vers 3000.
Après une paire de jour à lutter contre le vent (pour changer de la pluie) qui souffle au delà de la centaine de kilomètres heures, on reprend la route en direction d'une station balnéaire un peu touristique, Baños.
La route du retour et la même qu'à l'aller et on doit affronter un dénivelé de dingue (les belles descente dans un sens devenant des montées hélas), avec un vent de face quasi ingérable. Pour agrémenter les descentes des hordes de chien nous attaque et on doit désormais se défendre à grand coup de batons de rando. Après 7500 kilometres sans jamais avoir eu à menacer un chien, appliquant une stratégie pacifique en ralentissant et en parlant à tous les braves toutou qui nous ont sauté au pif depuis le maroc voilà qu'il nous faut désormais les menacer à grand coup de batons en hurlant. Paradoxalement ça nous évite d'avoir à les toucher, les clebs ayant peur de notre attitude plus agressive.
Un patou massif nous offrira quand même une grosse frayeur en sautant une falaise de plus de deux mètres de haut pour essayer de nous croquer les mollets.
Le plus étonnant dans le comportement de ces stupides canidés étant que les Équatoriens les traitent très (trop?) biens. Pas dressé pour la défense, ils sont nourris par tout le monde, les conducteurs jetant par les fenêtres des sac de croquettes disponible partout (N'évoquons pas le côté écologique, la gestion des déchets dans des pays ou le gouvernement ne met rien en place et un véritable calvaire, à défaut de décharge et de ramassage hors grande ville aucune conscience du sujet n'existe) entretenant ainsi des hordes de chiens sauvages qui n'aiment vraisemblablement pas les vélos.
Alternant froid, pluie, chiens, chaud, montée, descente on profite quand même de paysages... qui claque. (Je sais je suis à cours de synonymes, la faute au Maroc qui avait déjà épuisé mon stock d'hyperlatif paysagesque)
Après une nuit en pinède très décourageante pour les feu nocturnes, on longe le rio Patate (Je vous jure!) pour enfin arriver en périphérie de Baños (pas les WC mais la ville) et du Tungurahua, un volcan au nom dur à prononcer qui entre en éruption plusieurs fois par an.
A défaut de pouvoir le grimper celui la on l'admire de loin et après une nuit sur le Rio Patate (on pouvait pas manquer ça quand même)
On prend pied dans un camping à Baños, village qui nous surprend pas sa tranquillité et sa beauté malgré sa réputation pourtant touristique.
Goldy, le golden du camping refusera de nous rendre nos chaussettes pourtant fort odorante, message reçu faut qu'on fasse une lessive.
Trouvant mon vélo un peu léger à force de donner du matos par ci par la, je décide de l'alourdir un peu d'une guitare de Luthier fait main à Banos. Après tout, pourquoi pas hein ? Une guitare à vélo, j'ai rien trouvé de plus bête à faire, mais pourtant quel bonheur de l'avoir ! Un grand merci à Eddy, l'artiste Anglais hors norme rencontré en Gambie pour avoir démontré qu'on pouvait transporter une guitare en vélo.
Vélo déchargé on part sur la route des cascades, qui porte étonnamment bien son nom pour admirer le "Paillon del Diablo" une cascade dont tout le monde ici ne cesse de parler.
Arrivé sur place on comprend tout de suite pourquoi la cascade est plus connu que les autres. Un débit en millions de litre qui sort de la montagne dans un bruit d'enfer. Il faut ramper à quatre patte dans une grotte semi ouverte pour accéder à la chute d'eau vertigineuse et abandonner son téléphone (et tout ce qui pourrait craindre l'eau d'ailleur) bien avant d'y arriver car la fin de la promenade se fait... Sous la chute ! Permettant de jouer au pirate en passant derrière la cascade directement. Une expérience grisante et un peu bluffante.
Convaincu par le tarif de l'expérience ici (vingt dollars) je décide de me jeter du pont de Banos, attaché rassurez vous.
Bon on va pas se mentir, c'est pas si facile que ça de sauter dans le vide et j'ai du arrêter d'y penser pour y arriver (parcequequandmêmeheincafaitpeur) mais quelle adrénaline ! Pffffffou je le referais mais ... pas tout de suite quand même.
Bon on va pas se mentir, c'est pas si facile que ça de sauter dans le vide et j'ai du arrêter d'y penser pour y arriver (parcequequandmêmeheincafaitpeur) mais quelle adrénaline ! Pffffffou je le referais mais ... pas tout de suite quand même.
Les campings c'est cool pour faire la lessive des fois, voir se reposer un peu, mais aussi et surtout parce qu'on y rencontre des gens ! Et après une paire de colombiens à vélos voila qu'on tombe sur Armand et Léa, un couple de presque bretons parti de france en biclous eux aussi !
On passe une série de soirées mémorables et après quelques repas crêpes salée, on se promet de se retrouver plus loin au Pérou ! Topette les coupains !
Mais hé ! On peut pas rester la fleur au fusil toute l'année, alors sur les conseils d'une paire de Colombiens en bike trip, on part à l'assaut de l'Altar, pour enfin le faire ce 5.000 ! Une lagune accessible en deux p'tit jours de trek, un parc où on peut faire garder les vélos à l'entrée sans trop de soucis. Mais l'accès depuis Baños... Mes aïeux, pourquoi est-ce qu'on s'inflige un truc pareil ? Du dénivelé d'enfer, on parvient à faire la moitié du chemin le premier jour et on se trouve un bivouac dans une foret d'Eucalyptus bien mérité.
Même si le paysage rend l'ascension plus agréable, on souffre des quatorze pourcent constant qui nous oblige à zigzaguer en continue pour arriver à faire monter nos montures sur le sentier d'accès au parc national de l'Altar.
Après une deuxième journée de grimpette hors normes on parvient enfin à la guitoune d'entrée !
... ... ... ...
Un éboulis vient d'avoir lieu coupant l'accès à la montagne, aucune solution on nous demande de rebrousser chemin.
A peine blasé qu'on est après une grimpette pareil, de voir notre troisième tentatives de trek équatoriens tomber à l'eau, puis ils aurait pas pu mettre un avertissement en bas de la côte non ?
Mais comme dans le cochon, en Équateur tout est bon. Alors au prix de deux journées d'effort complémentaire en vélo on décide de tenter notre va tout.
On rush vers le Chimborazo. Après plus de 4.000 mètres de dénivelé positif en quatre jours on arrive de nuit dans un hébergement communal (en camping) ou on rencontre quatre francais qui voyage ensemble depuis plusieurs mois, qui ont effectué une transat de plus de 58 jours et qui arpente l'Amérique du sud rempli d'initiative et de bonne intentions. Eux ils restent la pour aider la fromagerie du coin mais ils viennent tout juste de se faire le Chimbo sans soucis !
Gonflé à bloc par leur récit on part dès le lendemain après une nuit pluvieuse bien sur, on parvient à faire un démarrage matinal correct et on part affronter la PLUS HAUTE montagne du monde !
Bon en partant du centre de la terre d'accord, sinon soit disant l'Everest serait plus haut de deux kilomètres blablabla.
Mais quand même hé !
Et non d'un schtroumpf, à peine sorti du bus d'approche il est la. En plein devant nos yeux ébahi, la pluie daignant même s'arrêter pour nous laisser profiter du spectacle.
Seulement une douzaine de kilomètres, mais d'une inclinaison bien costaude (1700 mètres de D+ environ) qui serpente entre des canyons sec à la végétation parsemé, des alpagas ou autre vigognes et gardant toujours en toile de fond le Chimborazo dans toute sa splendeur.
Fanny immortalise la bestiole à l'APN, puisqu'elle fait l'effort de se le trimbaler sur toute nos randos.
Et la je dois bien reconnaitre que ça valait la peine de l'emporter celui la !
Mais ont peut pas passer notre vie à photographier l'ensemble (je rigole on fait que ça, incapable de résister aux nouveau profil qui ce dessine minute après minute) et on doit quand même grimper ! Le relief, tant que la nature du sol, parfois rocheuse, parfois sableuse, rend l'avancé laborieuse.
Ah, et l'altitude aussi nous coupe les jambonaux, faut dire qu'on approche doucement des 5.000 et l'effet s'en ressent. La moindre côte nous met à l'agonie, le moindre effort mal géré, mal respiré nous coûte de cracher gentiment nos poumons.
Quand l'ivresse de l'altitude fait place à des début de migraines il faut réguler ses efforts, se forcer à faire des pauses, alterner ses cycles de respirations et surtout surveiller la nausée qui si elle survenait obligerait à redescendre pour éviter le (grave) accident d'altitude.
Pour digérer l'effort (et un sandwich) on se pose dans la grotte du Templo Machay où un colibri viendra nous bercer de son insupportable bruissement d'aile (Dans une grotte qui fait écho, le bruit de fusée de la minuscule bestiole prend une proportion étonnante !)
La sortie du Templo se veut éprouvante avec une section en fort dévers de sable rocheux où le pied ne cesse de glisser et le regard préfère éviter la chute vertigineuse qui borde le sentier.
Mais voilà, à peine dépassé le flanc du vallon on se fait éclater les mirettes. Agresser devrais-je même dire par la beauté du Chimbo balayé par les vents glacial d'altitude, sa toison de nuage ce réformant en permanence.
La pluie prend même la peine de nous
Comme le décor ne suffisait pas les vigognes (Camélidés de la même espèces que ce cher Lama cracheur, Alpaga et autre Guanaco) prennent même le temps de poser pour la photo. Mattez moi ce regard de biche, c'est pas craquant ?
Oh tiens, le temps passe et je dois respecter mes promesses. En début d'article je vous ai promis la planète rouge, alors la voilà ta ballade sur Mars !
La brume vient mystifier l'ambiance alors qu'on atteint éreinté 4800 mètres d'altitude sur un plateau rocailleux qui coupe le souffle (surtout à cause du vent en fait)
On résiste pas à l'envie de poser la tente sur la grande rouge désertique et on se couche le smile aux lèvres, car pour la première fois de notre vie nous dormons... A la hauteur du mont blanc !
Comme le froid matinal nous l'a laissé deviner on se réveille avec un fin manteau de neige et la compagnie de doux flocons qui nous caresses les sourcils.
Rendu bête par l'altitude (ou alors on l'était déjà, peu importe maintenant j'ai une excuse)
V'la qu'on pose en selfie devant chaque panneau d'Altitude.
Et les gosses dans la neige, bah ca fait des bonhommes de neige non ?
Alors en cadeau voilà l'un des plus haut bonhomme de neige du monde, 5100m, certes c'est pas (encore) le Pérou comme le dit l'expression, mais au dela faut un guide, puis c'est déjà pas mal !
A peine retourné au niveau de la plaine martienne, la gentille, mignonne, douce et agréable, petite neige devient...
De la pluie. Forcément, un jour de bon karma c'était déjà extraordinaire on peut pas se plaindre.
En vrai si on va se plaindre, et même beaucoup. Frigorifié, la pluie pénétrant toutes nos couches de vêtement, les os glacés et les doigts figés dans leur insensibilité on descend à toute vitesse. Et tellement rapidement, sans prendre la moindre pause, qu'on va faire le retour de deux jours... En une journée ! Ca motive une bonne pluie gelé je vous raconte pas.
Après un final sur les fesses pour descendre l'ultime portions rendu boueuse qui ramène sur la route (Un retour glorieux quoi) on attend sagement le bus quand un guide s'arrête et nous propose de revenir au campement communal en stop... Comment vous dire que claqué sur les rotules comme on était on a pas fait la fine bouche !
Motivé par l'arrivé des parents de Fanny et bien décidé à quitter l'Équateur par nos propres moyens on fonce vers le Pérou, notre prochaine étape !
Boosté par l'altitude on effectue de superbe trace et on profite de nos derniers bivouacs aussi haut pour un bon bout de temps, où Fanny décide de vérifier la tressabilité de ma barbe de viking (J'en fait trop la ?)
Sur la route on croise une bénédiction de voiture neuve par un prêtre ! Une scène cocasse qui nous fait rire sous soutane cape.
On digère quand même notre semaine de trek et de trace de l'enfer en vélo et le rythme en prend un coup.
Mais comme on sait qu'on profite de nos derniers bivouac en altitude avant fort longtemps, un dernier petit 3.900 où on filtre de la belle eau tout en matant... Le chimbo une dernière fois au loin !
On se couchera pénard sans se douter de la journée qui nous attend pour le lendemain.
Une journée de dingue, où on descendra de plus de quatre kilomètres d'altitude presque en une seule traite.
Bien sur la plus grande descente du voyage, la plus vertigineuse, la plus pentu, ce devait de se faire sous la pluie, sinon, c'est pas drole ! Et quand la pluie cesse enfin (pour soulager un peu notre cardio mis à mal sur la route-patinoire en ciment) le brouillard le plus épais qu'on ai jamais vu prend sa place sur plus d'une vingtaine de kilomètres, nous accompagnant plusieurs heures, pour toujours plus de stress les Équatoriens n'ayant pas décidé d'allumer leur phare pour autant.
On se trouve un spot digne de la plus profonde des jungles Brésilienne en bord de rivière et on profite d'une paire d'heure de soleil pour faire "sécher" nos affaires.
Alternant cacaotiers et bananiers on transforme les vélos en sèches linge alors que Fanny entame sans le savoir la première crevaison d'une TRES longue série, mettant enfin en avant l'avantage de mes chers Schwalbe sur ses pneus chinois acheté au Maroc (il était temps qu'ils arrêtent de nous surprendre en bien nos Chaoyang à sept euros quand même)
Proche de la frontière on commence à sérieusement galérer pour trouver des spots sauvages, la culture de masse prenant le pas sur la nature. Un cacaotier (pas l'arbre, l'exploitant) accepte de nous héberger sur son terrain et nous parle de son exploitation de dix hectares qui parvient à peine à le nourrir. Il nous raconte, heureux, qu'il a pu s'acheter une moto l'année dernière quand même pour pouvoir livrer sa production qu'il acheminait jusque là en... Vélo !
Mais où passe l'argent du chocolat Équatoriens qui se vend pourtant si cher chez nous ? Pas chez le producteurs en tout cas je vous le dis...
Nos vélos centrales EDF - sèche linge - filtreur d'eau nous amène tant bien que mal à travers les bananeraie vers le Pérou.
Mais camper devient tout bonnement impossible, alors qu'on traverse les cultures infinis de bananes sous les pesticides que nous déverse en plein gosiers de petit avion épandeur on finit par poser nos fesses douloureuse dans une laverie de bananes qu'on espère abandonné.
Mais quelques jours de traversée nous amène enfin à l'objectif qui vaut tous ces efforts sans repos depuis Baños.
Voila que sans prévenir on se retrouve à la frontière avec le Pérou ! Terre de rêves, nature à pléthore, culture à explorer à foison, Machu pichu, lac Titi-caca et autre acronymes synonyme de rêves enfin à notre portée, qu'on va pouvoir explorer sans répis !
On a des étoiles dans les yeux quand on approche de la frontière... Où on apprend que depuis une semaine seulement le troisième vaccin est désormais obligatoire pour rentrer au royaume des Incas !
Déception, sueurs froide, on en a que deux ! Sans débattre sur la troisième vaccination, de toute façon quand on est parti de france huit mois plus tôt on savait compter que jusqu'à deux dans ce domaine !
Arrivera t-on à franchir la frontière ? Devra t-on faire de faux passeport vaccinaux ? Devra t-on se faire vacciner avec du spoutnik ou autre vaccin de l'horreur disponible ici ? Rejoindront nous les parents de Fanny à temps à Lima ?
Vous le saurez au prochain épisode !
Que serait la vie sans un peu de suspens ?
Gab et Fa le 10 juin 2022 depuis... Cusco !
Merde je viens de vous spoiler là non ? ...
Du..... Rab !
Bha ouais, z'avez pas cru que j'allais conclure l'article sans même un peu d'introspection inutile quand même ?
L'Équateur, vous en pensiez quoi vous avant ? Nous pas grand chose... On en connaissait rien, pas de nom qui font rêver, aucune idée de sa culture, à peine une vague notion géographique de l'endroit (sur la ligne de l'équateur quoi...)
Après deux mois dans le pays on a pris une claque multi-domaine. De volcan en volcan les paysages nous ont tout simplement mis à terre par leur splendeur. Par leurs gentillesses les équatoriens eux ils nous ont réchauffé au plus profond de l'âme. Par leur culture Quechua finement implanté dans ce monde moderne pourtant régit en dollars on a remit en question nos modes de fonctionnement.
En bref, l'Equateur, c'est un microcosme magnifique, qui se mérite jour après jours au prix d'effort physique intense mais qui offre en échange les plus belles récompenses qu'on aurait pu imaginer.
En fait, on aurait jamais pu imaginer une telle beauté si on doit être honnête, mais hein c'est l'expression qui veut ça !
Alors à bientôt les amis, pour de nouvelles aventures au pays des lamas !
G&F
































































































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Difficile de participer à fournir un commentaire, non pas par paresse, mais par épuisement, et de mots assez grands, et de vous suivre virtuellement.
RépondreSupprimerJ'admire votre courage, éclairée par l'étoile de votre foi.
Bravo les anges en biclou...
Ce ne sont plus des roues ordinaires, mais des ailes rayonnantes, avec cette allure hallucinante en 8 mois, ts ces km, ts ces sommets d'altitude...
Si loin, si haut, sur une planète si grande, deux êtres extraordinaires sur deux roues si rondes.
Ce Rio Patate, si unique, je peux comprendre que ça puisse motiver, comme originalité dopante, participant à donner la patate. Mais le secret est ailleurs.
Ou alors, la motivation est animale, engendrée par cette horde de chien sauvage, avec lesquels vous avez dû vous friter. Ce qui est sur, c'est qu'il est inutile de vous pousser à garder la frite, vous nous prouvez que mutuellement, vous avez la capacité de l'entretenir.
Bon entretien des vélos.
Bonne continuation à vous deux.