Rêves et réveil en songe Marocain (2/2)


Prendre le temps.

De s'arrêter, d'observer, de lire, de s'occuper de cette foutu tente qu'on prétend ne pas avoir le temps de réparer trop occupé à profiter de chaque instant.

Prendre le temps, de faire cette article alors qu'il y a plus de deux mois qu'on vous à abandonné sur l'Ergchebi, trois semaines qu'on est bloqué à la frontière Marocaine au fin fond du Sahara et que je procrastine avec brio le trie des photos et la rédaction du site.

Quand on ne fait plus rien, on perd un peu de la motivation perpétuelle (ou presque) du voyageur.

Mais quand on a quitté Merzouga en direction de Ouarzazate (ça vous fait pas réver vous un nom pareil ?) on l'avais encore et pas qu'un peu, la Baraka !

A peine les dunes de sables majestueuses derrière nous, on traverse Erfoud et bien sur on met à peine cinq minutes à ce faire inviter pour un thé, par Abdelsalam, petit pépé à vélo qui nous à suivit sur quelques kilomètres en rigolant ses courses à la main, 

"Marhaba Atay à la maison ! Cinq minutes !"
Cinq minutes ? Bha allez ! 

Voilà comment nous "perdons" régulièrement quarante-cinq minutes dans nos journées. Mais en vérité on ne perd rien du tout et chacun de ces moments éphémères vient grossir notre carnet des rencontres à travers le monde, des gentillesses spontanées, des échanges qui ouvrent l'esprit et un peu notre diabète (Trop de sucre dans le thé tue le sucre dans le thé)

Après un beau spot sauvage où on attaque le Seigneurs des Anneaux version longues pour palier notre manque de cinéma, on se retrouve à errer sans fin dans Tinejdad à la recherche d'un hotel après quatre-ving cinq kilomètres épuisants et avoir été chassé d'un champs par un gardien de palmeraie moins accueillant que la moyenne.

Au désespoir de trouver un hotel ou un camping, un ressort de luxe nous propose une solution de secours en nous laissant planter la tente dans le potager du restaurant et en se douchant dans les WC pour quelques dirham. On accepte non sans soulagement !



Et comme toujours le Maroc se fait pardonner après une journée un peu épuisante la veille, nous atteignons les (magnifiques) gorges de la Thogdra le soir même, enchainant en continu les moments en or qui caractérisent le voyage mais qui sont si dur à vous partager, qui feront de cette journée par ailleurs monotone l'une des plus belles depuis longtemps.

Alors je vais me risquer à vous décrire ces instants un peu hors du temps qui marquent nos journées, minutes après minute, heures après heures, mais sachant fatalement que je ne pourrais jamais vraiment leur rendre honneur.

Dans le coeur berbère de l'Atlas, on ne croise pas les gens, on les rencontre.
Un simple regard devient un échange de sourire, un signe discret de la main et un "Merhabat" de bienvenu sans excès. Rien n'est ostentatoire, rien n'exige un retour. Simplement ici, on se donne à l'autre sans contrepartie. La tradition communautaire et ancrée si profondémment dans les moeurs qu'on ne regarde pas les autres de la même façon, l'autre n'est pas vraiment un autre d'ailleurs. Il est (presque) un membre par extension de la famille. Et ici, c'est sacré la famille.

On ne peut pas entrer dans un shop, un resto, une gargotte sans que le moment ne ce transforme en un flot magique d'échange culturel et de sourire. Ce sourire que je répète si souvent, je ne pourrais pas vous l'expliquer je le crains. Ce sourire qui vous touche instantanément et qui appaise. Et comme je ne peux pas vous le décrire, vous allez finalement devoir venir le comprendre par vous même en promenant dans les steppes du Haut-Atlas et à votre tour, ne pas pouvoir le décrire sans inviter les gens à le vivre.
Les gens sont curieux, sans jamais être invasif, ce qui n'est pas toujours si évident pendant un voyage autonome. On veut nous aider, les vélos intriguent et amusent, jouant parfaitement leur rôles de facilitateur de rencontres.

Et ils jouent également parfaitement leurs rôles primaires de vélos, nous amenant bon gré mal gré dans les endroits les plus fous du monde, lentement mais sûrement.



L'esprit apaisé (de la journée longuette de la veille) on débarque dans une vallée verdoyante, posé dans le creuset de falaises abrupte, embouchure de la Tougdra sur les pleines arides de l'Atlas. Le Oued ici ne se contente pas de couler dans une fente rocheuse asséché comme bien souvent au Maroc, souvenir d'une période plus humide et regretté. Non il apporte la vie, dans une luxuriance de tons verts et ocre, mélange parfait complètement rentabilisé par les Berbères qui en ont fait une palmeraie somptueuse, serpentant en culture rafraichissante avant de s'éparpiller à l'horizon.



Alors on se trouve un camping le plus loin possible dans la vallée et après une grimpette sauvage on trouve un coin où poser la tente pour deux nuits. Sur les conseils de notre hôte fraichement retraité on part à pied au petit matin, remonter la palmeraie à l'Aurore avant de gravir la faille relativement connu des fous d'escalades en tout genres.
Vue d'en haut, l'appport nutritif de la Todra sur la végétation semble indéniable !

Mais l'air de rien il fait chaud, alors on profite de la palmeraie pour remonter à l'abris du soleil plusieurs kilomètres le long de la rivière.



L'ambiance est calme, l'ombrage pourrait nous pousser à la méditation mais faut pas abuser mémé dans les orties non plus.

Les femmes travaillent d'arrache pied pour cultiver la luserne entre chaque palmier, grimper en haut de ces derniers cueillir les précieuses dattes à la mains.

On assiste hébété à une agriculture naturellement raisonnée, limitée, biologique et manuelle. La dimension de la vallée empéchant toutes mécanisation, on espère sans trop d'espoir que la recherche de rentabilité laisse aussi longtemps que possible en paix ce petit havre de bien être.

L'irrigation est géré par de simple petit canaux en terre, qu'un coup de babouche et quelques cailloux savamment posés ouvrent et ferment sans plus de complexité.


















On sort petit à petit de l'orée ombrageuse des palmiers pour grimper en haut de l'ancien village et affronter les températures chaude la journée.



A même la roche les cuisines du coin font envie !



Mais trève d'onirisme, la pente se corse et la chaleur cogne sur nos casquettes. Pas assez d'eau, aucune idée de la piste à suivre, un pic nic mal improvisé on se décide quand même à faire les quatorze kilomètres de flanc montagneux supposé dominer la Todra.


Après cinq kilomètres un camp nomade se dessine dans la roche ! On aura pas le plaisir de les rencontrer, les berbères nous envoyant instantanément les enfants pour réclamer quelques pièces, on préférera fuir l'endroit, contaminé par l'image du "blanc qui donne" qui prédomine parfois sur les pourtant si belle relations avec les Marocains dès qu'un lieux ce "touristifie", le campement servant de "basecamp" à des "expéditions" entre la Todra et le Boulmane-Dades.

On profite en contre partie d'un paysage grandiose, que les photos ont peine à rendre tant l'ampleur des fentes rocheuse, des éboulis en équilibre et des écoulements d'eau sont immense.

Quoique très sec, l'environnement au dessus de la palmeraie vaut le détour et les courbatures.


On finit enfin notre boucle pour rejoindre la faille principale, contenant les sources de la Todra qui jaillisse à même le sol ! Entre les vendeurs de tapis et de bibelots on profite pas vraiment de l'endroit et après un rapide rafraichissement de la tête ont reprend notre chemin.


Après un dernier coup d'oeil sur la vallée et une nuit bien reposante on reprend notre route vers Ouarzazate.

Pour se donner des forces sur la route du Boulmane-Dadès, on prend la coupable habitude de s'arrêter dans les innombrables patisseries marocaines pour agrémenter notre thé du matin. (Le notre, signifiant une quantité humainement acceptable de sucre)


Quoique pas dans le plan initial on s'arrête dans le premier camping de la ville un peu éloigné des gorges à proprement parler.

Mais cet arrêt imprévu nous permettra de rencontrer deux hauts personnages de notre périple Marocain, Ismail et son frère qui nous inviterons le soir même à manger avec eux et à partager une chicha jusqu'à pas d'heure (Enfin si une heure du mat' en fait) mais j'y reviendrais.







Les genoux fatigué et craignant le dénivelé de la vallé réputé difficile, on laisse les bagages au camping et on part affronter les soixante-dix kilomètres vélo déchargé ! Une très bonne idée pour profiter de la somptueuse vallée de Boumalne-dadès.


Les Cigognes squattent la plupart des minarets pour offrir une image pittoresque aux voyageurs de passage et un peu de coeur aux appels à la prières.

La vallée se révèle somptueuse, plus aérienne que la Todra, agrémentant la ballade de Ksar, Kasbha et des "doigts de singes", intriguante formations rocheuse qui alimentent l'imagination sans limites des rêveurs de passages jouant à "qui voit quoi" dans les formes imbriquées.




Un dernier petit bled nous accueille avant la "terrible" montée, pas si terrible que ça, mais quandmêmeonvapaschipoterc'étaitdifficlieunpeumaispastrop.
Et voila qu'on pique-nique ENCORE dans l'un des plus beau endroit du monde. Loin de s'en lasser on prend un peu de temps avant d'attaquer la redescente, regrettant (un peu) de ne pas avoir tenté la jonction Todra-Dades par la pistes de l'Atlas dont nous parlera un motard fraichement rencontré sur le chemin.







On profite au retour d'un point de vue encore plus beau sur les doigts de singes.



Comme dans la Todra les cultures locales inspire confiance et raison, bridé naturellement par la taille des champs l'agriculture de masse ne semble pas pouvoir prendre prise ici.

On partagera une dernière soirée avec Ismail et son frère, échangeant sur leur rêve d'une émigration Européenne, leurs espoirs brisés et le désespoir latant de ceux qui ne voit plus dans leur terre natale une terre hospitalière mais une prison, qui pousse ses victimes aux actes les plus dangereux pour eux mêmes. Les conditions économiques poussant encore un nombre élevé de Marocains à rêver d'un ailleurs plus verts et de lendemain meilleurs. On essayera d'expliquer un peu la réalité qui attends une partie de la diaspora sans papiers, qui ne réussit pas toujours son immigration et de les éclairer avec notre vision sur leur propre environnement. Mais la réalité ne l'emporte pas sur les rêves que l'on a pas tellement le droit de briser et on se dit à bientôt, ailleurs, marqué au plus profond de nous par la flamme qui les anime.


Et comme le veut la tradition d'un voyage itinérant... On reprends la route ! Le smile toujours collé au visage quand on reprends nos biclou pour aller vers là-bas, où que ce soit d'ailleurs.

On profite d'un campement magnifique au creux des vallons rocheux de l'Atlas, on avance sur nos séances cinémas Tolkiennesque (Oui le 103èmes visionnage reste aussi bon que le 1er) Et soudain sur la route, une borne kilométrique "Ouarzazate 55km".


Pour une quelconque raison, certain nom font rêver plus que d'autre. Ouarzazate, le coeur vivant de l'Atlas, ça fait dix ans qu'il nous sert de repère, qu'on en parle sans avoir le moindre idée de ce qu'il implique vraiment, mais on sait que d'une façon ou d'une autre c'est l'aventure qu'on appelle de nos voeux qui ce cache derrière (et devant...)

Et voilà qu'on l'a, à porté de main, à moins d'une journée de route. 

On fête ça avec du fromage de chèvre de Skoura à 15 dirham le crotins Délicieux et on se cherche un camping, posé pénard et sans rencontre pour aborder le sujet qui fache. 

Au vue de la situation avec la Mauritanie, des frontières fermé, on doit décider si on prends depuis Ouarzazate la route de Marrakech et donc du Mexique avec une sortie aérienne du pays au détriment du Sahara, ou si on suit l'espoir naïf d'une ouverture de la frontière, et d'une descente sur Agadir et le Sahara.

Hors de question, ce jour là donc, de ce faire inviter, perturber, déranger. Nous devons avoir un accès internet, du temps pour nous et en exclusivité pour aborder les questionnements qui alimentent un peu de tension chez les voyageurs, qui oublie que choisir entre le Mexique et le Sénégal pour la prochaine destination n'est pas vraiment un choix cornélien difficile à prendre mais juste un luxe d'option entre l'incroyable et l'incroyable. Mais on l'oubli royalement et on fait comme si c'était un choix difficile à affronter.

Hors de question, de se faire inviter donc ce jour là.



Et voilà comment on rencontre Marc, Nathalie et leur mobylette. Décidé à ne pas ce faire inviter, Marc nous tombe dessus en ville "pet pet pet" fait la mobylette,"hey les cyclo vous faites quoi ?" fait Marc.

Et bien sur on se laisse inviter.

Et grand bien nous fasse ! Marc et Nathalie ils sont différent. Genre en plus bien. 
Dans la communauté des expatriés en tous genre, on affronte souvent des gens peu impliqué, déconnecté et désintéressée du pays où ils prennent pourtant pied sans prendre racine.

Les communautés françaises que l'on a rencontré au Maroc sont souvent incapable de comprendre le moindre mot d'amazigh ou d'arabes après quinze ans de vie sur place, parfois racistes (avec lourdeur et spontanéité), souvent désintéressé par leurs hôtes avec lesquels ils se comportent comme des rois avec leurs servants. Critique parfois frontalement la même attitude de la diaspora "chez nous" inconscient de pratiquer avec pédance une indifférence au pays qui pourtant les accueille à bras ouvert.

Mais Marc et Nathalie, ils nous font du bien, ils apprennent tous les jours la langue du pays, ils partagent de vrai moments avec leurs voisins, ils s'habillent avec respect et prennent toujours en considération la culture locale, participent à la vie du village, aux festivals de la région et consomment aussi localement que possible sans pour autant se couper de leur propres racines.

Autrement dit, ils sont intégrés sans pour autant avoir perdu le moindre micron de leur culture d'origine.

ça vous parait normal ? Pourtant c'est loin d'être toujours si évident.

On ira manger ensemble chez Touria, une de leur première rencontre au Maroc dix ans plus tôt pour regarder tous ensemble le discours du Roi pour l'anniversaire de la "marche verte". Une marche des Marocains sur la Sahara dans les années 60 pour chasser pacifiquement les Espagnols du territoire (et prendre au passage un tout petit peu le contrôle du Sahara occidentale, mais c'est un secret, faut le dire à personne)

Après une nuit pluvieuse, l'une de nos premières au Maroc que nous passeront au chaud chez Marc et Nathalie, on se réveille sous un Atlas... Enneigé sur ses sommets ! 


L'air et les idées rafraichit, décision prise après réflexion et échanges avec la gendarmerie royale qui nous jure sur tous les dieux (dite à personne que je blasphème) que la frontière est ouverte nous faisons enfin notre choix. Nous allons tenter le Sahara et donc la Mauritanie ! 

Et qu'est-ce que ça fait du bien d'avoir pris la décision... de savoir où on va ! 


Le coeur léger on continue enfin notre chemin et l'Atlas maintient, avec une constance étonnante, la capacité de ce montrer tous les jours différent, tous les jours plus beau, rongeant jour après jour mon dictionnaire des synonymes déjà épuisé précédemment.

-- Apparté lassive et informatique pour varier les plaisirs de mes divaguations paysagesque --

Pour une raison qui appartient à Blogger uniquement, à son code source mal entretenu et à ses développeurs satanique qui j'en suis sur, font exprès de mettre mes photos en désordres rien que pour m'embêter moi, je vais devoir découdre antichronologiquement le récit pour quelques lignes. Mais c'est pas bien grave et ça sera l'occasion de vous laisser regarder les photos tranquillement avant de reprendre le récit un peu plus bas.


Voici donc qu'on ce retrouve à regarder l'incroyable descente de plus d'une centaine (Je peux vous dire qu'on l'a savouré ce faux plat constant de presque 140km après des semaines éprouvantes de monté) de kilomètres entre Taliouine et Agadir alors même qu'on avait pas finit de grimper l'Atlas dans l'ordre des choses.
Mais finalement ce n'est pas si grave, en montée ou en descente les paysages sont toujours aussi beau et nos potes les alouettes à crètes viennent toujours nous tenir compagnie.

Après l'ascension de la plaine au Safran, des semaines de montés vent de face, une succession infini de paysages somptueux (quoiqu'un peu aride si on veut chipoter pour le plaisir) et avoir eu au moins une centaines de fois le faux espoir de commencer à descendre, voila qu'on descend... enfin pour de vrai !

Et la vue finale vaut largement toutes les peines du monde.



Et à ce stade de l'histoire on va pas se mentir on était pas peu fier !


Histoire de pas trop s'enflammer Fanny nous offre encore quelques crevaisons, devenu routines désormais.


Après ce prélude avant gardiste, voici que blogger me rend la main sur le cours de l'histoire ! 


Échauffé par le fol espoir de descendre l'afrique à vélo et de pouvoir tenter du bateaux-stop pour effectuer une transatlantique en voilier vers les Antilles, nous quittons donc Ouarzazate la tranquille pour les paysages Mordoresque de l'Atlas, qui se noircisse pour plusieurs jours offrant un renouvellement bienvenu dans la terrible lassitude de la beauté permanente, fléau si effroyable du voyageur autonome face au monde (Lire avec une pointe d'ironie le paragraphe précédent si nécessaire)

Au gré des épuisants kilomètres qui précède Tazenakht on rencontre Mustapha... Et Booby ! Cyclo-touriste Marocain et son chien voyageur, qui voudra uniquement prendre une photo avec nous avant de disparaitre au loin sans poser la moindre question ni chercher à échanger quoique se soit sauf son insta, son youtube, son snapchat. Rencontre intriguante donc !



On espère passer une nuit pénarde dans le creux d'un Oued pour un repos bien mérité, on ce prépare un beau foyer et un stock de bois pour ce réchauffer d'un hiver naissant qui pointe le bout de son nez jusqu'ici... Que la pluie et le vent viendront gâcher ! Un superbe foyer pour rien à démonter pour restituer l'endroit tel quel.
Après un réveil du type "doigt gelée et envie de se bouger dard dard du spot glacial"
On enchaine les vallons sinistres (d'un point de vue esthétique uniquement bien sur ;) )


Et on tombe nez à nez (roues à bitumes en fait plutôt) sur une station essence improbable et totalement américanisé ! Il nous faudra voir les panneaux "cold beer inside" pour comprendre qu'il s'agit là, au beau milieu de nul part... D'un simple lieu de tournage abandonné des studios de Ouarzazate !


Et au détour d'un col, la vue se dégage enfin sur le fameux Tichka (la route de Marrakech et son difficile col pentu) enneigé au loin. Un spectacle saisissant.



On se réchauffe autour d'un Tajine (Stéréotypé je sais)


Et ainsi col après col, coup de pédales après coup de pédales, nous approchons enfin de Agadir, assez épuisé reconnaissons le.


On rentabilise notre passage à Taroudant avec un déjeuner de luxe, thé, pains grillé au feu de bois et miel de montagne acheté sur le marché avec de la gelée royale.

Regardez bien ce pain, il est tout aussi exquis que ce qu'il en à l'air !



Lors de la descente qui suit Taliouine, on découvre un espèce de chèvre spécialisé dans la grimpette d'arbre et le mangeage d'arbuste épineux que l'on oserais même pas approcher (surtout par peur de crever en fait)



On se trouve un spot magnifique et serein après vingt minute de poussettes à pied fort agaçante (Poussage pour éviter les crevaisons et contrôler un peu plus précisément la direction)

Car ici les aiguilles ... Elle déconne pas !


Et voila, qu'en se levant patatra.
Le mythe de l'Atlas s'effondre. La légende Berbère s'émiette ! 
Le Maroc ose mettre sous nos roues une journée de paysage moche !
L'approche d'Agadir se fait sentir, les décors se dégradent, l'Atlas se cache au profit d'un manque de relief patant et d'une circulation de plus en plus dense.
Le Maroc serait-il donc un pays normal avec parfois un peu de laideur à offrir pour relativiser la majestueusité de ses montagnes ?


Après un passage éclair à Agadir pour trouver un pneu d'avance pour l'increvable vélos de Fanny, nous changeons enfin de cap en sortant d'Agadir vers le Sud et les distance des semaines à venir font tourner la tête !


On se donne des forces avec de la nourriture légère bien sur.


Après une première journée éprouvante en direction du Sahara au gré des innombrables camion qui nous frôle toutes la journée on ce prend deux jours de pause dans un camping à la bordure du Parc National du Souss-Moussa. Et quand on apprend que le parc est rempli d'Adax et d'Oryx il n'en faut pas plus pour nous convaincre de partir en excursion safari dès le lendemain.

Bien en place sur le toit du Camion, j'essaye tant bien que mal d'immortaliser les innombrables habitants du parc, découvrant au passage la dur vie de photographe animalier pendant que Fanny profite de la vie sur le siège passager.














Les occupants du parc ne ce montre pas tout de suite nous laissant l'occasion de profiter des paysages bien entretenu.



Mais soyez rassuré ce n'est pas un lévrier marocains qui nous conduit sur les chemins et voila qu'au détour d'un chemin apparaisse les premiers Adax derrière des gazelles de Cuviers !

Mais ils se laissent encore désirer, on profite en attendant des Autruches du parc.



On capture l'image d'une (parait-il) assez rare buse féroce.


Mais les Adax sont bien décidé à resté au loin ce jour là.


Tant pis pour eux ! Car en contrepartie les Oryx sont de super humeur et c'est l'orgie photographique !


Les timides gazelles dorcas (ou de Cuviers j'ai un doute à force) nous offrent de belle scènes au loins quand les Oryx font littéralement le show.




Comme je vous disais les Oryx loin d'être timide se battent pour nous, se montre en groupe et reste à quelques mètre à peine.




Un peu pantois de cette rencontre inattendu (on pensé devoir descendre en Namibie pour voir les Adax et les Oryx) on profite d'une dernière vue sur l'Océan pour un petit moment.


Et on reprend la route encore et toujours
Sauf que cette fois-ci, c'est officiel nous sommes dans le Sahara Occidental

Et pas pour un petit moment, les panneaux affiche désormais des distances Ubuesque mais surtout... Nos prochaines grandes étapes en Mauritanie (Nouakchott) et ....... Au Sénégal !!!! (Saint-Louis)
Pour varier les plaisirs et ne pas descendre trop vite, je prend le temps de casser (encore) un rayon (encore) sur la roue arrière (encore) côté cassette (donc chiant) bien sur.
Je commence ainsi à perdre mon droit à la 2eme casse de rayons de me moquer des crevaisons de Fanny.

A l'approche de Tiznit nous "affrontons" notre dernier col sur la route pour ... Plus de 2.500 km ! Après 21 km de dénivelé positif au Maroc, voila que nous allons devoir apprendre à passer le temps sur de longues routes droite, monotone et venteuse ! Un peu d'originalité dans les plaisir ne fera pas de mal.

Et nous testons les réveil brumeux du littoral...
Puis les roulages TRES brumeux ! Le soleil ne parviendra pas à passer à travers l'épaisse couche avant 14h.


Et à quelques kilomètres seulement de Guelmin, voici que je perd cette fois ci de façon irréfutable le droit de me moquer des crevaisons de Fanny en détruisant définitivement mon frein avant hydraulique en pleine descente ! Panne anticipé toutefois et on trimballe depuis plusieurs jours un kit de freins avant made in "Pascheristan" mais qui freine toujours mieux que rien du tout (c'est à dire presque pas)


Guelmin derrière nous (la première des trois grandes villes du Sahara à dépasser sur notre itinéraire) on s'offre un spot de bivouac Magnifique d'où nous verrons en live l'abattage par la Russie d'un de leur Satellite à coup de missiles balistique spatiaux en pleine soirée. Spectacle certe fort impressionnant quoique hautement inutile, nous oublierons rapidement la géopolitique spatiale aberrante en rencontrant le lendemain Emilie et Dany.

Ils ont le smile, une patate d'enfer, une fibre artistique et, à oui, ils roule en tandem couché. Rien que ça, pour nous rappeler qu'il y a toujours plus fou que soi !

Ils peuvent pas vraiment faire de tout terrain mais par contre ils ont un rendement de COCHON (A ce stade de l'histoire on est en manque de saucisson depuis 2 mois déjà) sur ce TGVélo

Mais nous on peut faire du TT alors on les laisse sillonner la route à 80 km/h et on part se trouver encore un spot qu'il est trop beau avec nos relativement légères montures. (Disons qu'ils ont un cheval de course biplace et nous des ânes, mais on les kif bien nos mules)

Mais catastrophe ! A faire les débiles sur les chemins rocailleux on fait exploser une poche à eau de 4l. Qu'on stocke bien sur dans la même valise que le duvet en plume qui ne crains qu'une seule chose, l'eau.

On l'aura cherché, m'enfin la nuit sera fraiche à deux sous le même duvet !

Vélo transformé en étendoir roulant, les panneaux d'affichage routier si monotone pourtant continue de nous faire rêver, Dakar faisant partie du décompte kilométrique désormais !



Les (magnifiques) dromadaire du désert et l'océan distille un peu de variété sur notre route.

Mais voilà qu'en arrivant à Akhfenir la police nous arrête, avec gentillesse mais quand même. "Vous venez dormir à la gendarmerie c'est le seul endroit sécurisé, le camping c'est dangereux, c'est mal, bou pas bien vilain touriste qui dort n'importe ou avec sa tente" résume en gros l'échange de ce jour là. Le président de la maison des jeunesses locale nous propose de dormir ... Dans la maison des jeunes transformé en centre de vaccination et nous acceptons volontier de dormir ailleurs qu'à la gendarmerie, avec l'aval de ces derniers toutefois.

Nous partagerons une soirée avec nos potes tandemistes retrouvé par hasard et un déjeuner intéressant avec un Sahraoui révolutionnaire qui nous donnera une toute autre version de la marche verte vécu par lui et sa famille dans les années 60 que la version officielle, à défaut de le croire sur parole on aura au moins la curiosité piqué de chercher plus de renseignements sur ses événements.

Après un passage éclair à la magnifique lagune de Naïla, la route ce révèle un peu plus dunesque mais hélas pas pour longtemps.

Car le Sahara Occidental n'est pas un désert de Sable coté Marocains mais un "Reg" rocheux et plat. Il ce révélera d'autant plus gâché par les milliers de cabanettes militaires installé tout le long de la côte pour empêcher les migrants de partir vers les iles canaries ou l'europe.

Après nos plus belles journées de roulage, respectivement 96 puis 105 km (le rythme vient petit à petit!) nos contacts avec la police deviennent moins agréable. Arrivé à Tarfaya ils nous interdisent de camper sauvage à nouveau et nous contraignent à passer la nuit dans un hotel plus que passable un soir de match de foot avec une équipe de foot dans les lieux. Une nuit calme donc et reposante. (ndr: Lire avec sarcasme appuyé la conclusion)

Le lendemain on se reposera avec une grande pause sous l'épave de "l'Assalama" après avoir réussit à sortir de Tarfaya sans croiser de barrage policier.


Échauffé par le soleil on décide de prendre une pause sandwich sur le bord de la mer entre deux cabanons de militaire.

Et on tombe nez à nez sur Didi, Sahraoui qui nous fait comprendre qu'il voudrait qu'on viennent prendre le thé dans sa cahutte de bord de plage. 

On accepte un peu hésitant et voila qu'on fera l'une des rencontres les plus touchante de notre traversé du Sahara. Toutes une famille de Sahraoui à peine sédantarisé qui ont encore la "bougeotte nomade" au fond de leur âmes. Alors dès qu'ils ont trois minutes et demie, il abandonne leur (très) belle maison de Tarfaya et viennent camper en bord de plage dans une cahute en palette dont l'extérieur ne laisse en rien présager de la beauté intérieur ! (Super métaphore de la vie quoi) Il ont en quelque sorte le réflexe migratoire des éléphants en cage, qui pousse les pachydermes a simuler malgré eux les grandes marches décennale de la tête et des épaules.


On tchatche en Espagnol, on découvre avec surprise un pan de la société Marocaine plutôt matriarcale (Les hommes nous servent le thé, font à manger, sont en cuisine pendant qu'on papote avec les mama, chose assez inhabituelle jusque là au maroc où les hommes exigeait fortement le privilège de nous accueillir eux même !) Chose parait-il rattachable à une origine Yemenite.

Fanny ce fera maquiller, habiller façon Sahraouia et on ne nous laissera pas partir sans nous parfumer généreusement. La famille nous proposera de rester ensemble pour manger, partir faire les cons dans les dunes en 4x4, rester dormir, mais faussement pressé on reprend (un peu à tord avouons le) notre route.


Le regret de ne pas avoir accepté l'invitation est oublié quand on se trouve un spot magnifique en poussant les vélos dans le sable, jusqu'au creuset d'une dune taillé en U par les vents constant du Sahara.

La nuit seule les lampes torches des militaires vérifiant les côtes à la recherche de migrant viennent illuminer un ciel incroyable et loin par ailleurs de toutes pollution lumineuse. Le genre de ciel qu'il faut voir pour savoir qu'il existe encore, une voie lacté parfaite et des constellations infinie.
Réveillé par un bouc et son harem, on les laisses à la parade nuptiale et on s'en va.
Peu motivé à tester les cabanons de militaires qui orne la côte, on arrive à El Massar complètement par hasard décidé à resté deux nuits pour reposer les genoux et nos coups de soleil.

Jouant les radins à l'hotel voilà que Simo  nous approche pour nous proposer de rester chez lui le temps qu'on veut si l'hotel ne nous convient pas ! Rien que ça.

Et voila comment on ce retrouve à partager deux jours chez lui totalement hors du temps, à rencontrer ses amis, Brahim l'infatigable qui débarque au milieu de la nuit pour faire la fête, Zahira la force tranquille et souriante qui tient seule une boulangerie du feu de dieu après avoir été abandonné avec enfants par son ex-mari. Où on passe une bonne partie de nos journées, à boire du thé , manger des m'semen et des batbout délicieux.




En partant on réalise qu'on s'est fait offrir plus qu'une série de rencontre, mais toutes une palanquée de vrai amis avec qui ont prendra un plaisir fou à mieux comprendre les rouages de la politique de colonisation du Maroc sur le Sahara.

A la sortie d'El Marsa, après 4 jours sans contrôle, le premiers barrage policier monte en tension dès que nos passeports sont donnée.

Le contrôle s'éternise, les policiers ce relais au téléphone, on comprends qu'il ont perdu notre trace depuis Tarfaya et ne sont pas content du tout. Commence alors un jeu de cache cache avec la police, qui cherche à nous obliger à dormir en hotel ou en "zone sécurisé" toutes les nuits, avec une pression qui devient de plus en plus irritante même si l'intention est théoriquement louable. Le meurtre de deux suédoise en 2018 dans l'Atlas par quelques excités du bulbe à rendu le Maroc très frileux face au camping "sauvage".


Une énième casse de rayons nous offre toutefois une super excuse pour camper en sauvage malgré les "recommandations"

Avouez que ça à quand même plus de gueule que le parking du commissariat ou de la station essence ! Puis on dort beaucoup plus sereinement loin des match de foot...



Toutefois lors des contrôles suivant la tension monte franchement et on décide d'être sympa avec la police Marocaine à l'approche de la Mauritanie en cette zone compliqué avec le polissario. Lors de nos grandes traversées du désert en direction de Boujdour on décide donc de camper dans les différentes stations ou resto de bord de route où la police tolère qu'on campe. Mais pas de bol, le resto où on pose notre tente ce soir là oublie de nous signaler à la police ! 

On se réveille donc à huit heure du mat avec... Une patrouille de police assez tendu dans le champs où on a dormi qui passe par là, totalement par hasard "tiens vous avez vos passeport svp ? Vous allez où ? Vous dormez où ? Vous avez un numéro de téléphone qu'on puisse vous suivre ?" 
Il est stressé faut dire qu'il a passé la nuit à nous chercher (encore une fois) et qu'il a fouillé l'intégralité des stations essences et restaurant depuis notre dernier contrôle ! 
Pas de bol pour une fois qu'on se signale.

On refuse de donner un numéro (car on en a pas ! Une bonne excuse donc même si cela parait dur à croire pour les Marocains globalement accro au téléphone) et nous apprendront par la suite que les voyageurs donnant leur numéro reçoivent jusqu'à plusieurs Centaines d'appels, messages, whatsapp de la gendarmerie quand cette dernière ne les trouve pas la nuit.

Journée assez incroyable par ailleurs avec le vent dans le dos qui nous pousse à toutes vitesse sur Boujdour. Le vent souffle si fort qu'il nous suffit de lâcher les freins sans pédaler pour faire du 20 km/h ! à cette vitesse on se retrouve le soir même à Boujdour sans trop s'y attendre, où le seul camping de la ville nous attend prévenu par la police de notre arrivé (alors même qu'on ne savait pas encore qu'on y allait ! Trop fort la police, il font de la pré-cognition maintenant au Maroc !)


Après une troisième retrouvailles avec nos potes tandemiste au camping (dans le désert toutes les routes mène au mêmes endroits il semblerait) on fait une trace magnifique de 146 km ! Comment vous dire qu'on est bien content d'avoir le vent de dos plutôt que de face dans ces situations là

On se fait "accueillir" dans une village fantôme par Marhfoud, le gardien, qui à même pris la peine d'appeler la gendarmerie pour s'assurer qu'on soit obligé de dormir dans le village à ses bon soins. Gratuitement qu'il dit, mais contre monnaie sonnante et trébuchante. Mais ça il le "précise"qu'au moment de partir aux innombrables voyageurs à vélo coincé dans son repère.


Après une douche au source termales qui jaillisse de façon improbable dans le village, on fait nos adieux à ce filou de Mahfoud.


Mais l'affaire est très vite oublié alors qu'on arrive après 18 jours de traversé épique du Sahara à Dakhla.

Dix-huit jours pas tous à fait comme on les avais imaginé, qui ce conclu toutefois sur un final d'apothéose alors qu'on prend la direction de Dakhla pour quelques jours de repos bien mérité avant de passer enfin en Mauritanie quelques centaines de kilomètres plus loin.



Exception faites des resorts de luxe qui commence à polluer la baie de leur excès suintant cette dernière est absolument grandiose. On se retrouve au PK25, spot de camping gratuit connu des kitesurfers du monde entier pour sa baie et ses vents.

Mais la mauvaise nouvelle ne tarde pas à tomber, les rumeurs de fermeture des frontières du Maroc entendu quelques jours auparavant à Boujdour (Que l'on à ignoré royalement, refusant la solution du bus pour traverser le désert qui nous aurait garantie le passage depuis Boujdour) se confirme rapidement et nous voilà pris au piège au Maroc. 


Bon, on va pas se mentir, c'est plus une prison dorée qu'une geôle Sibérienne et le sourire ne tombe pas tout de suite. Après tout les frontières ne serait fermé que jusqu'au 13 décembre, soit une petites quinzaine de jours à patienter tout au plus, avec toutes une tribu de voyageurs coincé également au PK25. Et quelle tribu ! On y apprend à pécher, à kitesurfer (avec option entorse en bonus)
On se fait de grand gueuleton qui réchauffe, tout le monde propose la patte à tout le monde pour les petits coup de mains et les courses, on se fait souvent covoiturer en ville et on prend quelques jours pour trouver nos repère dans ce nouveau mode de fonctionnement si étrange après trois mois de mouvement continu.

Les voyageurs arrivent par vague au PK25, on y rencontre Mikej le polonais fou qui finit le Sahara avant de foncer faire l'Arctique en ski-luge.


Le soir Abdou nous emmène pécher des couteaux, qu'on mange en persillade tous ensemble... Ou qui nous servent d'appât pour pécher "à la bouteille" le repas du soir dans la baie à marée basse.


Et quand j'ai attrapé mon premier bar avec ma petite bouteille je vous cache pas que j'étais plutôt fier ! Et quel régal...
Dans les belles rencontres, Abdellakh nous gâte. Avec les vélos on galère un peu pour la cuisine, les vents de sable permanents nous assaisonne tout nos plats, alors il nous cuisine tous les jours de super petits plats dans son camping-car et le matin parfois il nous fait carrément les petits m'semen qui vont bien.

Vous l'aurez compris on passe une première semaine d'attentes... Sans attendre ! On voit pas le temps filer, Mais quand-même, lorsque la rumeur d'une ouverture se profile au sixième jour pour le lendemain à trois cent cinquante kilomètres de là, on est tous hyper chaud pour le tenter ! Alors au PK25 c'est la panique, un groupe de deux camions aménagé, un auto-stoppeur et nous-même se prépareront à prendre la route dans l'urgence. Mais catastrophe, personne peut nous prendre en stop et vu la distance impossible de rallier à temps la frontière ! Alors Abdel il nous propose direct un covoit jusqu'à Guerguerat où il était militaire vingt an plus tôt, pour pécher un peu ensemble et retrouver ces anciens potes.


On fait nos adieux à ceux qui restent, et voilà le convoi des trois camions lancé jusqu'à BirGandouz pour tenter l'ouverture potentielle du six décembre. 
ça nous fait tout drôle de parcourir autant de km en si peu de temps, après tout s'est la deuxième fois du voyage que l'on met les vélos dans un véhicule. (La première fois pour aller dormir chez Darek à sept kilomètre de Zagota)


Mais c'est l'échec, la frontière reste fermé et on a juste changé de zone d'attente ! Bon le spectacle gagne encore en beauté et on attend patiemment avec nos potes de confinement (avouez que nos confinement sont mieux que les vôtres non ?)


On passe une semaine encore au petit soins de Abdellakh, on joue à la pétanque avec Hynd, Adil et leurs filles, Jess et Flo et Rémy l'autostoppeur qui à vu la frontière fermé par deux fois.

En gros, c'est pas l'enfer non plus cette semaine d'attente complémentaire.


Je passe un cap et un pécheur du coin m'apprend à jeter la ligne à la canne à pèche. Ne le lui dites pas, mais je préfère ma vielle bouteille de vinaigre blanc faite avec amour par Abdou.




Le spot est magnifique, le village de pécheur nous offre quelques bonnes photos mais voila. On se lasse, les vélos s'abiment au sables et au sel, la tente souffre des vents forts et pérpetuels et les zipettes laches toutes à tour de rôle.



Puis à l'exception de la mosquée en carton les coulisses du village de pécheurs sont plutôt inintéressante.

Du coup on se fait une dernière pétanque et un gueuleton poisson grillé avec tout le monde et avec Fanny on va à l'hotel deux nuits avant l'ouverture de la frontière le 13 ! Abdel reprend sa route vers le nord et nous on joue les princesses.

Mais voilà. Le treize arrive tout le monde nous rejoint au barrage policier pour passer en direction de la frontière mais... Non.


Bien que la frontière ne soit plus officiellement fermé "l'ordre n'est pas tombé" alors on nous bloque à 80 km de la frontière. Quelques voyageurs, une famille de Mauritanien, un certain nombre de Sénégalais séparé de leur famille depuis plusieurs semaines.
Et c'est bien le Maroc qui interdit la sortie, la Mauritanie nous confirme à maintes reprises par écris qu'ils sont ouvert et prêt à nous accueillir.
Et si bien sur, même si il faut relativiser notre "enfermement" il n'en reste pas moins totalement fou d'être empêché de sortir d'un pays sans aucune raison. Et si on oublie pas n'être que des voyageurs frustré dans leur mouvement, les Sénégalais, Mauritaniens et autre Guinéen coincé avec nous, eux ils sont ruiné, séparé de leur famille de façon totalement aberrante.

Alors comme personne veut nous parler, ni même nous donner de date de (dé)blocage, on commence à camper directement au barrage militaire, on fait quelques banderoles, on bloque la route de temps en temps. Et ça fait venir du monde ! ça agaçe un peu l'adjudant chef, mais au moins il vient nous parler. On essaye de s'assurer à minima que le Caïd du coin remonte l'info au gouverneur qu'une trentaine de voyageurs se retrouve bloqué ici sans raison apparente.



Et si l'idée de ce "manifester" de cette façon peut vous paraitre étrange vue de l'extérieur il faut comprendre le fonctionnement d'un royaume et les habitudes hiérarchique uniquement descendante. On vous dit qu'un ordre est donné "pour votre bien" et "de toute façon la Mauritanie c'est nul, vous préférez rester au Maroc". On vous explique que vous êtes mieux là, donc aucune raison de faire en sorte que vous passiez non ? Ce qui vous le devinez, ne passe pas pour les familles séparé (ni pour nous) 


Une semaine passe, un autre couple à vélo nous rejoins en plein blocus de la route, quelques camions aménagé. L'ambiance est très bonne, j'aurais même le droit à un super annif surprise ! 

On se fait des repas commun, l'hotel du coin nous laisse utiliser sa cuisine, nous aide autant que possible.... Mais voilà, tout le monde est un peu usé. Tous les jours on vous dit "demain ça va ouvrir... Inchallah" Il faut décider chaque jour si on attend le prochain "faux espoir" ou si on se décide à remonter dans le Maroc. Tout le monde est un peu tendu a force de cogiter en permanence, on perd une partie du budget à rester ici et en même temps il faut faire pas moins de mille quatre cent kilomètres pour remonter sur Agadir ou dans une zone intéressante. Car avouons le Birgandouz c'est pas la passion ! Certains abdique et remonte, d'autre (dont nous) restons pour espérer un peu plus loin en ce fixant une deadline toutefois au vingt-trois décembre.

Mais voyons le côté positif, les gens sont en Or, on partage un moment de voyage différent et ... Inattendu ! Ca sera une expérience assez unique et au moins j'ai le temps de faire ce foutu article et c'est pas rien !

Je me décide le vingt-et-un décembre à trier les photos, les importer sur le site et je m'attèle à la rédaction du blog.

Sur un début lassif qui laisse sans doute transpirer un peu de l'état d'esprit du moment d'ailleurs.
Mais le destin ne voulait pas que j'écrive le site ce jour là.

Seize-heure.
Les filles de Adil et Hynd débarque en courant dans le restaurant d'où je suis en train d'écrire le site, "C'est ouvert c'est ouvert !" 
Un regard croisé avec Fanny, on demande si c'est une blague aux filles ?
"Non on vous jure c'est ouvert !"
La police vient de débarquer, entre l'ONU qui a fait des rapports en notre faveur (l'hotel en face du barrage est aussi le QG de l'ONU en mission dans le sahara occidental), nos manifestations pacifique mais agaçante pour les officiels, une paire de plaque diplomatique coincé avec nous, les enfants bloqué qui dorment en voiture sur le parking... Quelque chose (ou un peu de tout) à joué en notre faveur !


Mais voila l'ouverture se devait d'être digne de l'aventure non ? Alors la police nous dit calmement "vous avez deux heures pour passer..." On est à 80 km de la frontière ! Injouable en vélo, mais dans la tempête d'agitation qui soulève d'un coup l'hotel de Birgandouz, naturellement un convoi se dessine et on nous fait de la place pour les vélos dans un camion sans même que l'on demande. Neuf personnes dans un camion avec deux vélos et un tandem, nous deux dans un autre, cinq voitures et tout le monde ce retrouve à passer la frontière Marocaine à dix-neuf heure comme si de rien n'était.
Personne n'y croit vraiment et voilà que nous faisons tamponner nos visas Mauritanien à vingt-et-une heure dans une frontière théoriquement fermé.... Nous campons à la lisière de l'un des derniers no-man's land du monde. Une trentaine de voyageurs qui après des semaines à attendre l'ouverture ce retrouve là sans trop y croire encore.


Complètement inexplicable, encore abasourdie on peinera à dormir à peine quelques heures.


Voila qu'après trois semaines à l'attendre nous l'obtenons enfin ! 
La Mauritanie que nous avons tant appelé de nos voeux s'ouvre sous nos pneus encore dégonflé, nous sommes les tout premiers voyageurs avec Fanny à passer la frontière depuis des semaines au petit matin du 22 décembre pendant que les autres passe encore les douanes avec les véhicules.

Les douaniers ne savent plus trop comment faire, les camionneurs nous regarde interpellé.


Totalement hagard nous allons découvrir une Mauritanie magnifique, des étendus grandioses, un calme infini et un ciel illimité toutes les nuits sans exception . Nous allons faire l'une de nos plus grande traversé à vélo du voyage, affronter des chaleurs de dingues, des ravitaillements en eau compliqué après quelques heures de sommeil à peine et une nuit de stress et de folie. 

Mais rien n'a alors d'importance, car sous nos roues et dans nos têtes, le Voyage reprend enfin.


Et le mouvement c'est la vie.
Mais ça sera une autre histoire.

Gabriel et Fanny, depuis le CVD - DAKAR.

Commentaires

  1. Fanny, Gaby,
    Nous avions négligé votre adresse nomade depuis l'épisode hispanique et voilà que Georges a la super géniale idée (une de plus !), de nous envoyer le canard familio-paroissial où on a retrouvé votre contact.
    Directos, je viens de dévorer les lignes et les images de retard... De shoots en spots c'est littéralement à couper le souffle !!! (Dans tous les sens du terme, chemin tapant et côtes se succédant).
    Merci, merci pour la beauté, l'humain, l'humour, l'amour, la force-du-mollet-et-tout-le-reste, la déconnade, le courage, la bonne humeur, mais la mauvaise aussi qui dure si peu, la remise-à-l'heure-de-nos-pendules-sédentarisées qui en oublient de temps en temps le cadeau polyphonique multisensori-émotionnel de tout ce qui est vivant.
    Nous vous espérons en bonne forme, la côte Ouest mauritanienne vous évitant je crois, les températures extrêmes et l'Harmattan.
    Peut-être êtes-vous à l'heure qu'il est, en partance pour le nouveau monde ?
    Où que vous soyez, votre énergie et votre enthousiasme à rencontrer le profond des choses, de la nature et des gens sont communicatifs et nous ravissent à des milliers de kilomètres, c'est à dire juste à côté, de cœur à cœur !
    Bisouilles et papouilles !!
    Hélène et Christian de Nîmes (mam' et pap' de Lison pour ceux qui la connaissent)

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  2. "Un luxe d'option entre l'incroyable et l'incroyable" voilà vos choix cornéliens réguliers aux carrefours de votre aventure. Nous sommes scotchés par tant d'aventures, tant de paysages et tant de rencontres. Merci à vous !

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