Mise en jambes Ibérique.
Une mise en jambes.
Le titre, quoique vrai, rend peu honneur à l'intensité du(des) dernier(s) mois que nous venons de vivre.
Et en terme d'intensité, la première journée de cette aventure (tant...) attendu n'est pas en reste ! Puis parait-il que c'est ce qui ce fait de commencer par le début en général, on va essayer de pas dérroger à la règle dès les premières lignes de l'article.
Onze septembre 2021 à Mus.
Toutes la famille proche des deux côtés, (presque) tous les amis, voila de quoi nous faire oublier en deux heures, deux ans de préparation et d'impatience qui avouons le, commencé à trainer en longueur.Deux heures qui s'écoulerons en quelques minutes seulement pour nous (Je vous jure que ca donne de quoi étudier la théorie de la relativité du temps un jour J de cette ampleur)
Et nous voila projeté sur les routes.
A peine le temps de faire un (trop) bref tour de tout le monde, dissimuler les premières larmes qui montent aux dernières embrassades, faire mines de rien pour quelques photos...
...et voila qu'on ce retrouve à califourchon, sur cinquante kilos de ferraille bien emballées.
Si seulement j'avais les mots pour vous décrire la force des émotions qui nous saisissent alors qu'on pédale notre premier mètre. La complexité du maelstrom d'émotions, mélangé dans un patchwork improbable de sensations. Il y a biensûr l'excitation du départ, la tension de l'organisation, les gens qui vont nous manquer, l'angoisse, le stress - Est-ce qu'on a bien pensé à tout ? Non. Est-ce si grave ? non... - et puis Le vertige.
On mettra quelques heures à l'identifier, le comprendre et enfin quelques jours à l'apprivoiser. Voilà plusieurs années que l'on a un projet qui nous guide, un jour J fixé, des préparatifs à mener (Et quel préparatifs mes amis !) En bref, un voyage à préparer qui nous occupe à cent pour cent depuis deux ans, (quatre si on compte les deux années nécessaire pour convaincre Fanny que, non les vélos ne sont pas uniquement des instruments de torture sadomasochiste inventé par des hollandais névrosés ;) )
Et voilà subitemment que nous n'avons plus rien devant nous. Plus de week-end à préparer, de vacances à organiser, de copains à inviter, d'itinéraire à planifier, de vélos à fabriquer, de tour du monde organiser, de jour J à concevoir. Il est derrière nous le départ, on y est dans notre tour du monde.
Une sensation de vide, il n'y a plus que maintenant, là, tout de suite qui compte, peut-etre ce soir un peu aussi. Ou va-t-on dormir ? Il fait à peu près beau le jour J c'est cool on dormira bien. Quelques heures à peines à voir venir, pas plus, demain appartient à un autre présent, le futur importe pas.
Et cette liberté d'organisation, ce droit à ne pas voir venir plus loin que l'horizon d'une nuit, on l'a appellé de nos voeux depuis des années, après avoir tant critiqué la direction "rigide" de nos shémas de vie si sédantaire, mais si fictivement confortable de tranquillité et d'assurance.
Mais cette liberté, on se la prends subitemment en pleine geule sans préavis et au début, tant de liberté c'est vertigineux.
Pas vraiment le temps de penser à tout ça, ni à grand chose d'ailleurs. On ce retrouve à Villeneuve-les-maguelones et il faut camper. Retrouver les bonnes habitudes, les réflexes, sortir le matos, dégager les prémices d'une routine, d'un quotidien au jour le jour qui va très vite combler le "vertige" du départ. ... Si on oubli le réveil à six du mat, par plusieurs centaines de coup de feu. Les chasseurs sont littérallement sous cocaine et ne payent pas les cartouches apparemment, c'est un feu d'artifice, mais celui-ci n'est pas franchement pour le plaisir des yeux, ni des oiseaux des champs.
Ce rappeler de la saison de chasse, important sur les emplacements ça, pour ne pas finir le ventre trop aéré de bon matin.
Du coup après un si beau démarrage on s'emballe un peu et on suit les petites routes VTT du GPS avec nos montures (qui sont plus des vaches de trait à vrai dire que de superbe mustang de course pour parfaire une métaphore un peu agraire) et on ce tape nos premières poussettes des vélos sur les hauteurs de Balaruc, c'est plutôt marre à pousser cinquante kilos de ferrailles sur roues dans les petites pistes sous trente degrès au soleil.
Fanny ne dit rien mais je suis sûr qu'elle trouve que là j'y suis allez un peu franco sur le démarrage, mais comme d'hab, dès que c'est dur la récompense vaut son effort.Le luxe du premier jour de traverser le chemin des mas à Marsillargues pour la première fois de note vie, alors que c'est à vingt minute de notre maison seulement, c'est ça notre plus grand privilège qui vaut tous les conforts.
S'apercevoir de la richesse des petites choses qui nous entourent, juste parce qu'on a le temps de s'y attarder sans filtre, le vélo n'atténuant rien à rien.

On prends notre temps, on ne veut pas précipiter (trop) les choses quand même et le vélo sur routes nationales c'est pas l'expérience de vie la plus agréable alors on emprunte tous les sentiers qu'on croisent. Et il suffit de rouler là dedans pour profiter, sans bruit OKLM comme qu'on dit, il parait.
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| Le fameux Quotidien à mettre en place c'est ça aussi. |
ça c'est un cimetière, et si on sourit niaisement comme ça, c'est pas pour offenser les occupants, c'est parce que les cimetières c'est le paradis pour trouver de l'eau (et sans doute le paradis pour les occupants aussi, mais prioritée aux vivants pour l'instant)
On essaye de dormir le long des marais sur la route de Vendres, mais une armées de moustiques en campagne nous en dissuadera très vite et nous forcera à battre en retraite dans les bois. C'est beau, mais c'est pas pratique les marais.
Le seul défaut à dormir en forêt, outre le fait qu'on dorme dans une zone strictement interdite c'est qu'il faut pas laisser son savon aux huiles de coco par terre la nuit, sinon un vilain scoléopandre à tendance à prendre possession de ce dernier, et chose étonnante il était agressif ce zouf en plus.![]() |
| C'est pas beau hein ? |
Trève de petite bébette on continue la route, on observe un tag très narcissique sous un pont qui je vous jure n'est pas le fruit de mon travail, si vous zommez vous verrez que l'artiste à une véritable obsession pour Gab, je l'ai bien pris.
Et en suivant l'EV8 pour ce faciliter la vie on ce retrouve le long d'un canal en direction de Port-La-Nouvelle. On pouvait difficilement faire plus champètre, le cadre est idyllique, le dénivellé inexistant mes genoux sont content.
En fin de journée, alors qu'on visite (l'ignoble, la putride, l'infect... Vous aurez compris notre ville préféré quoi) Port-La-Nouvelle, mes genoux nous quémandent gentiment de faire une pause et comme on a décidé d'être raisonnable, on se prends deux nuits de camping à rien mieux faire que lézarder, plouffer dans la piscine et un peu de lessive. Une heure avant la grêle biensûr!
Alors on essaira de faire sécher le linge dans la tente, c'est pas hyper probant mais mieux que dehors. On se plaint pas de nos trois gouttes quand on apprends les inondations en simultané qui ont lieu dans le gard... On aura une petite pensée égoiste pour toutes nos affaires dans la grange à Mus qui a prit l'eau, mais surtout pour tous ceux qui sont en train de nager dans leur propre salon.
Après cette petite journée de repos on s'impatiente, alors on expérimente le style du Glamour 2021, la parka étanche à vélo, et on reprends la route tout tranquillou, non sans oublier notre footprint dans le camping bien sur, en s'en apercevant trop tard évidemment.

L'effort dans la cambrousse humide est plutôt rèche, mais on est récompensé par de super paysage et une compagnie hippique guidée par un vaillant chien de berger à l'énergie débordante.
La route jusqu'à Port Leucate nous offre de très beau panorama et dans l'ensemble tout est plus jolie que l'immondice de Port-La-Nouvelle, son port pollulé, ses plages industrialisé et ses quai à touriste.
La moindre pause repas nous fait déjà déballer pas mal d'affaire mais on se "mets bien" à chaque fois, et c'est le plus important.
On se rapproche d'Argeles-Sur-Mer et les paysages deviennent vraiment chouettes, avec au fond les pyrénnées qui ce dessinent petit à petit.
Pause Karma dans le récit. On doit faire peu de kilomètres ces jours ci, car avant de passer la frontière espagnole, on doit attendre du matériel expédié par le vieux campeur (dont le SAV est vraiment dingue et disposé à rendre service) à notre attention dans un camping à Sorède. En effet, Jour 1 du voyage notre réchaud est déjà REtombé en panne.
Car oui le réchaud de Mike Horn le necplusultradelamortquitue, à déjà eu une panne avant le départ, changé sous garantie par Primus.
Le vieuxcamp envoi donc un TROISIEME réchaud à Sorède suite à cette panne jamais vu mais déjà vue une fois pour nous.

Alors on s'installe dans une petite forêt de chêne-liège dans les pyrénnées un peu en altitude, et on se prend un jour OFF, à bouquiner, on prends nos douches en extérieur (et vous pourrez jamais avoir de salle de bain aussi cool que la notre je vous le garantie !) Bon des fois on entends du bruit alors on reste au aguets encore un peu.
On teste les oeufs à la coque de voyage et c'est une franche réussite. Mais globalement on passe la journée à ce reposer et à lire.Des chênes à lièges, franchement on en avait jamais vu de près et c'est très intriguant comme bois. La technique de coupe de l'écore de liège et assez atypique aussi
Bien évidemment il faut porter son vélo sur la passerelle à escalier pour traverser les voies mais ça fait reluire les "pec" on frime un peu devant la masse de voyageurs ébété.
Et qu'elle était la probabilité que dans la gare en allant chercher en train la footprint oublié de la tente, je rencontre un cyclo américain... Qui prenait le train pour retourner à narbonne chercher son portefeuille oublié pendant son voyage à vélo ? Faible je suppose, mais une rencontre de voyageurs à vélo qui marque le début d'un tas d'excellent moment entre cyclorandonneurs et autre voyageurs.
Pour cloturer cet instant Karma, qui si vous avez bien suivi n'est pas encore fini, le lundi matin le colis du 3eme réchaud est marqué "remis en main propre"... Mais pas dans les notres bien sur. Après enquête, le colis avec notre précieux réchaud est arrivé... à Paris... Oui voilà, merci la poste toujours aussi fiable, efficace, rapide et cohérente. Un service public toujours à la hauteur des attentes, tant qu'on en a aucune quoi.
Alors on s'arrange avec le vieuxcamp, on peut plus attendre, il nous rembourse (je vous dit c'est de la bombe le vieuxcamp). Nous acheterons en espagne un QUATRIEME réchaud neuf, d'une autre marque d'un autre modèle. Qui marchera une fois, dans le magasin, mais tombera en panne le premier soir... Oui oui...
On a dû faire du mal à une armée de bébé chien dans une autre vie. LES pannes du nouveau réchaud toutefois sont moins grave et je pourrais les réparer dès le lendemain. 3 sangles des sacoches auront laché en trois semaines, un rayon des roues renforcées a explosé sur une route goudronnée, mais seulement une seule crevaison. Alors connaissant notre karma on s'estime pas si malchanceux et on continu notre route pour la première "épreuve" de note trajet en terme de dénivellé.
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| Rigolez pas c'est la première vrai voiture "verte" ça ! |
Faites pas les malins avec vos hybribes .
La route est biensûr épuisante en vélo, mais au combien satisfaisante. Le dénivellé constant facilite la tache pour mes genoux arthrosique et un peu capricieux, merci les conseils ! Et pour la première fois nous passons la frontière espagnole sans passer sur le pont de l'autoroute, mais à côté. Une drole de sensation et on va pas ce mentir, déjà un peu de fierté dans nos coeurs d'avoir atteint l'Espagne en vélo ! Ca nous paraissait encore si loin quelques jours avant.
On quitte un peu l'EV8 au profit de ... La voie domitia pour le passage de frontière et le charme opère immédiatement !
Et voila, on y est ! On ne résite pas au Selfie panneau de frontière, tellement classique mais tellement satisfaisant. On fête ça avec un bon cigare au rabais à la frontière et on regarde enfin les pyrénnées de l'autre côté.
Les premiers jours en Espagne nous arrivont à suivre une succession de zig-zag dans les petits villages pour éviter les grand axe Espagnols "Autovia" si fréquenté que nous aurons plus tard l'obligation de suivre à plusieurs reprises. Les villages offrent leur lots de pittoresque et dès qu'on sort des grandes villes on est surpris, j'avais oublié à quel point l'espagne reculée peut paraitre "pauvre", succession de porcherie (pas une expression, c'est vraiment des enclos à porcs), de poullailler, de petites maisons qui ont l'air abandonné mais qui ne le sont pas, les infrastrucures publiques paraissent également abandonné par endroit avec des armées de cables électriques comme en Inde (si si je vous jure comme en Inde ou presque). Une typologie de paysage qu'on ne voit plus vraiment en france.On a peu immortalisé cette impression particulière, trop préoccupé par nos premiers repères à trouver en Espagne, mes genoux et le fait de trouver de l'eau. On nous refusera une fois de l'eau au motif que nous ne sommes pas catalan, mais à l'exception de ce seul et unique enfoi**, les espagnols seront toujours en or, attentionnés et bienveillants. On se sent en sécurité même sur les grosses routes, on nous fait souvent de grand pouce en l'air en désignant les vélos et on prends plaisir à juste avancer en contrée ibère. Les paysages s'enrichissent rapidemment et plus on se rapproche du littoral plus l'espagne "pittoresque" disparait au profit de méga-agglomération plagiste, enclos à retraités désséchés, aux affres de l'immobillier de masse et temple du luxe excessif. Mais subsite quelques perles rares ,par ci par là, comme ce vieux moulin réhabilité.
La pénurie de matériel de camping, suite au covid, s'étant propagée même en Espagne, les gens ayant découvert le concept de nature, tout devient rare dans le domaine.
L'eau est facile à trouver par contre, et notre compagnons de route OsmAnd (GPS hors ligne basé sur les cartes Open Street Map // open source) connait presque tous les points d'eau. On consomme quand même déjà une quinzaine de litre par jour tout besoin couvert (douche repas conso vaiselle...)
Les villes du Nord ne sont pas encore l'amas puant de richesse excessive décrits plus haut de la costa brava et on prends beaucoup de plaisir à les traverser via les nombreuses pistes vélo dédiés.
Bien que hors sujet, voici la petite panne de notre réchaud, le triangle intérieur est censé être une chambre de combustion parfaitement ronde, la forme de triangle fait sauter la contre plaquette de chauffe. En bref quand ça ressemble à ça, rien ne marche plus et on se crame les sourcils à l'essence.
A Sabadell nous trouverons enfin un magasin de camping tenus par un passionné ++, un Vertic store ou nous échangerons passionnément avec le propritaire passionné (logique somme toute), vélos dans la boutique et acheterons enfin notre 4eme réchaud (en panne mais réparable, vu notre Karma global on ose même pas se plaindre c'est pas si mal)
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| ça, c'est notre tête cuite mais heureuse. Une tête fréquente à vélo. |
C'est exactement les rencontres qu'on aime, chaleureuse et sans expectations. La simplicité du bonheur. Alors on repart avec le smile affronter les villes de plages.
Où on tombera nez à nez sur une compétition de ... Freesbee en équipe ! Un sport original et assez péchu, les parties semblent courtes, on comprendra rien au règles mais on gardera à l'esprit un sport plutôt aérien et sympathique à regarder.
Notre quotidien il ressemble quand même beaucoup à ça, six heures par jour le nez sur le guidon, mais promis on pense à lever le bec pour profiter du monde.
Fanny tire souvent la langue, des fois parcequelle est fatigué, mais souvent parce que je l'embête avec mes photos.Mais globalement elle tire la langue parce que les chemins pour camper le soir on une facheuse tendance à ce mériter assez séverement, il faut souvent pousser, alors qu'on a déjà de grosse journée dans les papattes. Mais elle rale jamais, elle dit toujours oui et elle fonce ! Alors je fait semblant d'être un peu virile et je là suis, elle et son instinct, elle veut toujours allez un peu plus loin mais elle a (presque) toujours raison et nous dégotte souvent mieux que mieux comme petit spot à camper

ça se méritait mais nous voilà encore parti pour une super nuit sur les hauteurs, sans bruit. Bon les espagnols ils courent tout le temps et empruntent tous les foutus chemins qui existe, mais comme ils s'en foutent qu'on campe ils nous saluent généreusement et continuent leurs footings improbables, nous laissant à la paix de nos bivouacs qui sont désormais plutôt bien ancrés dans la routine.
Après quelques jours en espagne on s'accorde enfin un peu de temps de visite à Tarragone, histoire de voir quelques ruines Romaines, et de pas rouler pour rouler même si l'impatience du Maroc gronde en nous.
le coeur historique de Tarragone mélange avec plus de finesse que ses voisines les anciens monument et les nouveaux, l'ambiance y est bonne, on y dégustera quelques churros et un café au pied des vestiges. Rien à redire.
Sur la route, une drole d'odeur nous surprends en haut d'un pont et on observe les cultures locales de Tarragone. Regardez y bien de plus près.
Et voila des champs de cannabis en pleine ville ou presque et à l'odeur c'est pas pour le chanvre que ça pousse ici. Le rève de la "légalisation" de SkaP semble parfois proche en Espagne, et à notre surprise de bon français, les espagnols fument très régulièrement de la weed en ville devant la guardia qui ne se montre pourtant pas particulièrement laxiste en général. M'enfin ça ou des salades hein ?
Comme avec mes genoux on arrive à s'apprivoiser la plupart du temps et que le besoin de "camping" ne se fait plus du tout sentir on avance plutôt pas mal et on tient note rythme d'une soixantaines de kilomètres par jour sans se speeder tout en profitant. Et les bivouac sont globalement hyper sympa.
Mais les pauses repas ne sont pas en reste, et on en profite pour se baigner début octobre ! Un avis là dessus la famille en france ? 25 à l'ombre, ça sent bientôt l'Andalousie ça. L'eau est bonne alors on plouf sans vergogne.
Bon comme je peux pas passer mon temps a vous narguer avec de l'eau, on trace toujours notre route et les bivouacs se font un peu plus dur à trouver, la densité urbaine augmente, l'influence de la costa nous fait sentir moins à l'aise le soir on doit mieux se planquer, les rares endroits libres sont souvent des déchetteries sauvages (qui pullulent en Espagne, faut dire que les déchetteries officielles sont pas myriade.)
Mais on se trouve toujours des coins sympa quand même et on arrête de raler.
Inévitablement je casse un rayon en pleine ligne droite goudronné, l'occasion d'apprendre à en changer et de justifier le fait d'en avoir pris d'avance !
On traverse Peniscola un peu symboliquement pour moi étant donné qu'il s'agissait d'une ville morte il y a seulement dix ans, et qu'on c'était même permis de camper sur la plage en pleine ville avec mon pote Chris, mais clairement aujoud'hui ça ne serait plus possible !
On trouve mieux pour dormir que la plage, comme d'hab en quelques sortes.
Quelques vestiges parcème la via, des cigales nous explosent les tympans.
Mais la Guardia Civile viendra casser un peu la bonhommie légère du moment en nous empeguant le lendemain de cette si belle journée, de 2x100 euros d'amendes pour non port du casque. En passant sur un rond point à la sortie d'un champs et à l'entrée d'une via vélo ou la Guardia insistera bien, "Ce n'est pas obligatoire de là où vous venez, ni là où vous allez, c'est juste obligatoire pour le contrôle routier ici mais pas la peine de mettre vos casques pour la suite".
Les sal** je vous aurez bien dit qu'il était sans doute frustré et véhément de colère, mais non il prenait clairement un plaisir non dissimulé à empéguer des touristes, ils feront deux fois le tour des vélos pour essayer de nous empeguer 400 euros d'amendes complémentaire pour l'usure des pneus et l'éclairage dès que j'aurais le malheur de refuser de payer en cash, d'exiger un paiement par carte et un reçu. Cette fois petite satisfaction ils seront assez triste d'imprimer un reçu et de pas pouvoirs gonfler le PV un peu plus.
ça nous gache assez gentiment la journée et ça représente quand même 50 % de toutes nos dépenses actuelles à ce moment là, alors pour se remonter le moral on SPEED. On traverse Valencia à toute berzingue et ses droleries architecturales et le soir on tombe nez à nez avec Astrid !
Astrid on l'a rencontré un peu plus tôt dans le seul et unique camping qu'on a payé par erreur en Espagne, où le concept des campings c'est une sorte de parc à huitre à humain réglementé et cher ou chaque chose y compris vos fesses ont une place bien atttribuées et ne doit pas en bouger.
Pas vraiment notre tasse de thé. Alors on se descend un peu de bière et de vin avec Astrid et on rigole bien. On se trouve un bivouac entre deux campings payants (l'expérience ne nous re-tente pas vraiment et on laisse Astrid rentrer dans le sien), un peu pompette on croit avoir trouvé le spot gratuit du siècle. Objectivement, un peu sobre, le spot était un cauchemar, invasions de moustique, professionnelle du sexe à proximité (Ce qui implique du passage de voiture toutes la nuit) et un générateur en pleine rizière qui redémarre tout seul tous les heures.
Mais on dort gratuit, sur les plages à dix minutes de Valencia, et ça, ça n'a pas de prix (puisque c'est gratuit, faut suivre)
Pour ce venger du spot un peu modeste de la veille (minable quoi) on se trouve un coin en OR pour passer la nuit suivante, en compagnie d'un magnifique lézardgeckochaméleon à 4 oeils.Et la franchement, elle est pas belle la vie ?
Ca nous donne même envie de faire des photos cucul comme ça, tellement que c'est beau.
Pour ne pas gacher du tout le charme de l'endroit et de la vue, on en profite pour faire sécher tout notre linge ! Welkome BivouacGitanEspana. Quelques cyclistes de passage (même ici, même perdu loin d'une ville, quand on vous dit qu'ils sont partout les Espagnols!) ce moqueront gentiment de notre installation
De là on s'offre un journée folle de 80 km tout à fait involontaire, cette fois la faute à une zone d'un pognonnage ignoble, ou les domaines s'enchainent au prix du moindre espace de forêt libre, tout est privatisé et le regard bienveillant des espagnols n'est plus le même. On gène, à défaut d'avoir une grosse Mercedes, ici, on fait tâche. La moindre colline est ravagée de maison et on nous fait sentir qu'on est pas à notre place assez efficacement.
On cède à la tentation de payer un camping mais aucun n'a de place ! On nous proposera 27 euros pour un petit bout d'emplacement non officiel contre les toilettes, heureusement on refusera et on se trouvera un "passimal" (c'est un spot pas si mal quoi...) en face de ce même camping, caché dans un "champ" à l'abandon. Et on paiera rien du tout, ET TOC le camping de bourge. (Oui y'a un peu de fatigue et de frustration qui parle ce soir la)Pour compenser là (très très) dure journée on se paiera une petite bouteille de vin et des pâtes carbonara ! Notre route vers le maroc s'accélérant à vitesse grand V, la faute au bateau indisponible on sent que profiter d'un peu de vin, de sauce fromage et de bacon n'est pas de trop.
On traversera l'immense Benidorm en une seul journée, ses immenses building (dont historiquement le plus haut immeuble d'habitation d'Europe et aussi le plus CON, oui car les archi on oublié .... l'ascenseur à partir du 30eme étage dans les plans d'extension d'origine... Dommage pour le plaza au 48 eme ! M'enfin la paix sur nos riches expatriés, un ascenseur à depuis était installé)
On peut quand même pas s'empecher de ce moquer un peu. Et on réserve nos billets pour le maroc ! C'est à la fois une petite frustration car on aurait vraiment aimé pouvoir prendre notre ferry de Algesiras à Tanger, mais le Maroc et l'Espagne sont toujours en froid et maintiennent la liaison fermé pour diverses raisons à cause du "Covid" officiellement mais surtout pour cause de politique tendu. C'est le jeu du voyage en ces temps "incertains" il faut s'adapter, alors certes on est frusté mais aussi.... Content d'avancer notre route vers le Maroc, qu'on fantasme depuis plus de dix ans déjà avec ma belle. Dix ans que nous avons rencontré les Lituaniens en Australie et qu'ils nous ont si bien vendu le Royaume et son haut atlas ! Alors Maroc, nous voila !
Après dix jours d'impatience, il aura fallut dépasser Benidorm pour qu'enfin la Sierra Espagnole de mes premiers jours en Espagne Andalouse, neuf ans plus tôt, repointe le bout de son désert.
Un dure ascension bien pentu mais la sierra nous offres une tranquilité absolu, une recharge sur panneau solaire et... Une tempète de pluie et de vent comme on en a rarement eu en tente. Et ceux qui ont déja pratiqué l'expérience savent à quel point il est inconfortable de dormir sous un déluge et des vents violents, quand la tente grince et se déforme sous les rafales subitent. Mais elle tiendra bon, le déluge s'arrêtera et nous dormirons "passimal".
Si vous n'en avez jamais fait l'expérience, comme la plupart des "déserts" sec (Bon ok là c'est encore de la Sierra verte de la costa blanca, pas la belle sierra sèche Andalouse on triche un peu) la Sierra offre énormément de sérénité et de bien être. Quand en plus on peut la squatter à l'ombre faut en profiter !
Nous arrivons dès le lendemain à Alicante et cette fois nous devons changer de stratégie pour le dodotage. Notre vol part trois jours plus tard et il reste pas mal de chose à organiser pour prendre un avion en période Covid, avec des vélos, et pour le Maroc!
Inespéré si proche d'une grande ville, on se trouve un super spot de plage, cette fois ce sera une vrai bonne nuit tranquille. Le spot accessible seulement à pied ou en vélo résume bien le "privilège" du vélo pour un tour du monde, à pied on n'aurait jamais atteint cette zone, en moto on aurait pas pu prendre ce chemin. Bien que mes genoux ne nous offrent pas encore l'assurance de tenir très longtemps après ce premier mois de "test", on est sûr que le choix des biclous pour un tour du monde est le bon ! Alors on profite et on maintient le cap, tranquillement sans forcer sur mes jambes de grand père. Fanny ne rale jamais, au fond je sais quelle est plutôt contente parce qu'on fait un peu moins de kilomètre par jour comme ça, et ça évite que je rush comme un boeuf la route ce qu'elle savait autrement un peu inévitable (je plaide coupable)
L'heure de notre envol approche, demain au moment où j'écris ces quelques lignes et on troque notre tente pour un Airbnb, nos gonflables pour un vrai matelas et notre litre d'eau de douche quotidienne pour un pommeau à l'eau abondante. En plus Carmen qui nous héberge est une perle de gentilesse, elle nous dégote deux rdv pour les PCR dès le lendemain.
Alors un voyage en avion en covid et en vélo ça coute combien ?
15 euros par passager.
21 euros par "valise" en soute pour la matos
60 euros par vélo.
85 euros par PCR.
Soit 30 euros pour les billets et........ 332 euros pour les annexe dont 170 pour les PCR.
L'aventure change un peu de forme et il nous faut désormais trouver de grand cartons pour emballer les vélos, chose pas si évidente.
Cette fois on joue de chance (bon la vérité c'est que notre mauvais Karma est toujours compensé par des rencontres et des coups de bol de fou) et il nous faudra faire....humm 100 mètres à pied pour trouver 2 cartons TV de la bonne taille contre un mur.
On a juste eu a jeter les TV neuves et hop le carton était à nous. Bon je rigole, la réalité moins glamour c'est qu'on a un peu fait les poubelles pour les trouver, mais là je vous ferait pas réver !
L'article est déjà "un peu" long alors que pour l'intant on a (presque) rien visité encore, vu aucun pays exotique, fait aucun sport extrème, vécu aucune aventure folle ou dangereuse. Alors je crois que je vous dois de m'arrêter là pour aujourd'hui si tant est que certains et eu le courage de lire même en travers jusque là ;)
Mais la beauté de ce qu'on vit dans ce voyage, c'est que sans rien faire d'extraordinaire, tout est magnifique, le "petit quotidien" se révèle complètement fou sous l'abord du voyage à vélo, qui permet de tant profiter et de tant rencontrer.
Promis, la prochaine fois que vous aurez de nos nouvelles on se privera pas de vous narguer avec bien plus aventureux, n'oubliez pas qu'on passe les prochains mois dans un Royaume magnifique qui promet 1001 aventures et places fabuleuse.
A bientôt !
Gabriel et Fanny.





















































































































































Quel 1er article ! On aura lu un bon romain a la fin de votre aventure 😁 bisous à tous les 2
RépondreSupprimerEt ben, ça promet pour la suite !! Trop chouette en tout cas et hâte de lire la suite ! 😀
RépondreSupprimerMerci de nous faire partager votre aventure au prochain article Bisous Laurence
RépondreSupprimerCc Gab et Fanny, c'est magnifique ce partage, merci beaucoup, je voyage avec vous, belle aventure à continuer, régalez vous bien
RépondreSupprimerBises
Valérie Robert
RépondreSupprimerGab et fanny c esr fantastique ce que vous vivez 😁. Je salue votre courage et vous envie de dingue, profitez à fond du Maroc, C est magnifique il me tarde de lire la suite de vos aventures.
RépondreSupprimerPlein de gros bisous
Caro (du CA)
L'aventure dès le départ ! Merci pour ce partage très divertissant à lire.
RépondreSupprimerBonjour fany et Gabriel.
RépondreSupprimerJe vais donc pouvoir suivre vos aventures.
Je vous souhaites que du bonheur.
Heureusement qu'il y a un blog, ça permet de savoir comment ça se passe.
Bien à vous.
Bon voyage
Anita Meca Morin
Merci pour les photos, pour les récits et pour bien des phrases qui sont des perles : "la beauté de ce qu'on vit dans ce voyage, c'est que sans rien faire d'extraordinaire, tout est magnifique" !
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